‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 409 sur 473 · Dépêche du 19 août 1688 (ibid., t. CCCXIX, p · texte numérisé non relu

Dépêche du 19 août 1688 (ibid., t. CCCXIX, p

5. Le cardinal d'Estrées au roi, le 10 septembre 1688 (ibid., t. CCCXV, p. 187-221).

structions de Cibo. Lorsque Louis XIV commença enfin à parler sur un ton irrité, lorsque sa lettre de demi-rupture fut laissée entre les mains de Cibo parle cardinal d'Estrées, Cibo en fut <r. épouvanté1 ». Ses appointements comme légat d'Avignon (on avait cependant dit, lors de sa nomination, qu'il n'en percevrait pas) montaient, dit Lavardin, « à plus d'onze mil écus romains ». Aussi, en apprenant la prise de possession de cette ville par le marquis de la Trousse, s'écria-t-il : « Ah! quel coup2! » Il osa alors écrire au cardinal d'Estrées et se recommander à lui, pour que le roi le dédommageât dans sa profonde tristesse; il lui fit remarquer qu'il était obligé à la plus grande circonspection pour ne pas. se rendre encore plus suspect, « per non rendermi piu sospetto di quello che sono; » et il l'assura qu'il ferait tout « pour rétablir une bonne correspondance entre SaSaintetéetleroi très chrétien, à qui il était étroitement obligé, strettamente obli* gato3. » C'est ainsi que, blessé dans sa cassette, Cibo devenait rampant devant Louis XIV comme il l'avait été devant Innocent XI. Louis XIV se laissa encore attendrir et voulut envoyer le dédommagement demandé. Le 14 décembre, Lavardin, écrivant à Sa Majesté, s'étonna qu'elle voulût compenser, par des pensions ou gratifications, la somme que Cibo perdait par la prise d'Avignon ; car ce cardinal, dit-il, « m'a paru aussi double que timide4. » Une fois le tour joué, le double et timide cardinal, au lieu de songer à remplir sa promesse et à faire honneur à sa lettre du 10 octobre précédent, se déclara atteint de la goutte. Le 14 janvier 1689, Lavardin avertit Louis XIV qu'il considérait cette goutte comme « simulée, » afin de traîner l'accommodement en longueur et de l'empêcher 5.

1. Le même au même, le 18 septembre 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXV, p. 228-258).

2. Lavardin au roi, le 13octobre IQSSdbid., t. CCCXH, p. 95-111).

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