‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 410 sur 473 · Ibid., t. CCCX1I, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCX1I, p

b. Ibid., t. CCCXX1V, p. 41-48.

Un des désirs les plus ardents de Louis XIV était que le pape fît au plus tôt une promotion de cardinaux à la satisfaction des couronnes; mais Cibo, sachant que son frère n'en ferait pas partie, chercha à la détourner1. Ainsi du reste.

Tel fut ce cardinal, éminent à la fois par sa position et par son habileté administrative. Placé au centre même d'événements difficiles et d'une lutte envenimée, il sut en même temps favoriser lesintérêtsdu romanisme contre le gallicanisme, de l'Espagne et de l'Autriche contre la France, et conserver les bonnes grâces de Louis XIV. Peu de diplomates ont pratiqué comme lui l'art de duper ses prétendus amis et de servir ses prétendus adversaires. Sous des dehors timides et embarrassés, avec des demi-mots, des demipromesses et des haussements d'épaules, il tint en échec les d'Estrées et sut faire qu'ils espérassent toujours sans se désespérer jamais. Sous ce rapport, il fut digne d'Innocent XI et il mérite d'en partager la célébrité dans une plus grande mesurera postérité a été ingrate envers lui.

Mais cette sorte d'habileté, inspirée par l'ambition et entretenue par la supercherie, finit toujours par la maladresse ; si elle réussità procurer quelque succès aune institution comme la papauté, elle discrédite finalement et ruine dans le mépris ceux qui ne dédaignent pas d'avoir recours à elle. Avant même de mourir, Cibo recueillit cette triste récompense, et il sentit les coups de la vérité outragée et delà loyauté indignée qui se vengèrent sur sa personne. Au conclave de 1689, tout était favorable à son élection, en ce sens que les factions divisées inclinaient à faire un deposito. Dans cette conjoncture, « le plus grand âge, disait le cardinal d'Estrées, pouvait tenir lieu d'un grand mérite ; » or, il avait soixante-dix-sept ans, le tempérament très affaibli et la tête branlante ; c'étaient de grandes chances assurément. Néanmoins, écrivit encore le

1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 5 juillet 1689 (Correspondance de Rome, t. CGCXXII,p. 211-230).

cardinal d'Estrées, « sa timidité et les insolences de Casoni l'ont tellement abattu, que je doute qu'il conserve assez de crédit dans le sacré collège pour profiter de son grand âge et de la délicatesse de sa santé1. » Le conclave, en effet, le regarda et passa outre.

1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 5 juillet 1689 (Correspondance de Rome, t. CCCXXII, p. 233-266).

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