Correspondance de Rome, t. CCXLV, p
escadroniste, il serait exclu du pontificat dans un conclave, et que, comme Vénitien, il n'avait pas de plus grandes chances, attendu que, depuis Paul II (f 1471), on n'avait fait aucun pape de cette nation. Mais d'Estrées louait sa capacité et son application aux affaires '. Dans un autre mémoire, daté du 14 juillet 1684, le même prélat s'exprima ainsi : « Ottobon, créature d'Innocent X, est si bien décrit dans le mémoire que j'envoyai vers le mois de juillet de l'année 167G et dans celui de 1681 du même mois, que j'y peux ajouter seulement qu'après tout ce qu'il a fait depuis trois ans contre les intérêts de Votre Majesté, quoique sous des apparences plus respectueuses, il mériterait encore plus son exclusion. Il est dans sa soixante-quinzième année ; et ce grand âge lui pourrait peut-être faire concevoir une plus grande facilité à son exaltation, parce qu'il semble qu'on se détermine plus aisément au choix de ceux dont on croit tle pontificat peu durable. Cependant son pays, sa dureté, sa duplicité, son avarice sordide avec un très grand revenu, combattent tellement son mérite et ses bonnes et considérables qualités, qu'il paraît un des moins papables du sacré collège 2. » Plus loin, énumérant les chances et les titres du cardinal Gaspard Garpegna, il ajouta : « Il n'y a que le cardinal Ottobon qui puisse lui être comparé pour les matières de droit et la pratique des affaires de cette cour; mais l'âge de celui-ci l'oblige d'abandonner le travail, et le cardinal Carpègne y persévère 3. »
L'amitié d'Ottoboni avec le cardinal Àzzolini n'était pas moins caractéristique que son amitié avec le cardinal Cerri. Ottoboni et Azzolini avaient fait échouer la candidature d'Odescalchi dans le conclave de Clément X (1670) ; et, dans celui de 1676, ils parurent tout d'abord lacombattre de