Jbid.,t. CCXC, p
nouveau *. Moins souple que Gibo, dont i! jalousait et redoutait les chances au pontificat, et d'ailleurs hostile à la personne d'Odescalchi, il n'aurait pas pu devenir le secrétaire d'État d'Innocent XI, bien qu'il eût des qualités plus accentuées que Cibo. Il eût été plus personnel que ce dernier et eût cherché davantage à dominer Innocent XI, à lui imposer ses propres idées, ses procédés et ses amis à lui. Il eût eu la même politique qu'Innocent XI, mais non la même administration ; prenant moins la vie au tragique, il y eût répandu l'élément comique avec plus de profusion.
En octobre 1677, il se signala parmi les cardinaux qui combattirent le plus vivement le projet de canonisation du cardinal Bellarmin 2 ; en septembre 1678, il s'opposa non moins vivement, dans une séance de la congrégation de la propagande, aux projets du Père Oliva, général des jésuites, touchants les intérêts de sa compagnie avec les missionnaires, et par son influence il les fit échouer 3. Quoique paraissant peu favorable aux jésuites, il fut lié, dans le fond, avec le cardinal Gibo. Ce n'est pas qu'ils eussent de l'amitié l'un pour l'autre : une amitié véritable était impossible entre deux compétiteurs qui briguaient la papauté avec une égale ardeur. Mais ils avaient besoin l'un de l'autre, et l'intérêt suppléait à l'affection. En février 1679, lors de la maladie non diplomatique de Cibo, Ottoboni fut avec Azzolini le seul des cardinaux qui pût pénétrer deux ou trois chambres audelà de l'antichambre 4 : c'était la mesure de leurs sentiments.
1. Rapport du cardinal d'Estrées au duc son frère sur le conclave de 1676 (Correspondance de Rome, t. CCXLVI, p. 111-151).
2. Servient à Pomponne, le 27 octobre 1677 (ibid., t. GGLIII, p. 209-213).