‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 430 sur 473 · Ibid., t. CCCXVI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXVI, p

5. Le cardinal d'Estrées au roi, le 12 janvier 1689 (ibid., t. CCCXXI, p. 62-117).

6. Lavardin au roi, le 9 janvier 1689 (ibid., t. CCCXXIV, p. 24-28).

mois de juin deux thèses, chères cependant à son ami Casanatta, dont l'une était contre l'ambassadeur de France et l'autre contre la république de Venise1; la nécessité où il était de s'élever contre la seconde lui fit aussi combattre la première.

Azzolini, qui venait de mourir, avait eu avant sa mort de longues conversations avec Gasoni et quelques conférences avec Ottoboni2. Ils étaient les trois chefs inséparables de la camarilla à cette époque. La mort d'Azzolini mit Ottoboni encore plus en relief et le débarrassa d'un compétiteur dangereux. Le 5 juillet, le cardinal d'Estrées, parlant des sujets papables, fit remarquer qu'Ottoboni, quoique plus âgé que Cibo, avait une santé plus ferme, de l'activité et de l'application; qu'on l'estimait, qu'il était lié avec Ghigi et Altieri, et que cet ensemble de choses et de circonstances lui donnait (v quelque espérance ». D'Estrées ajouta : « Il s'en flatte intérieurement, quoique au dehors il traite son pontificat de chimère. Il y a huit ou neuf ans, il était un des moins papables du sacré collège, présentement il en serait moins impossible. Il est Vénitien, il est avare; on l'a accusé de duplicité; il s'est montré reconnaissant vers les maisons Barberin, Pamfile et Kospigliosi, auxquelles il est obligé ; la mort du cardinal Azzolin, avec lequel il avait été fort uni devant l'affaire du quiétisme, qui les avait refroidis et peut-être divisés, quoiqu'on les soupçonnât toujours d'une secrète intelligence, pourrait lui être favorable. Je crois cependant que, si son grand âge ne fait un grand effet, il ne surmontera pas les autres obstacles. Il n'a pas agi par cabale et par esprit de faction dans les affaires de France( ! ?), mais comme un canoniste prévenu et consommé dans les maximes de Rome. Il a opiné durement dans ces occasions,

1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 28 juin 1689 (Correspondance de Rome, t. CGCXX11, p. 180-203).

2. Lavardin au roi, le 26 juin 1689 {ibid., t. CCCXXIV p. 371- 378).

conservant toutefois dans ses discours et dans ses expressions un respect infini pour SaMajesté. Je ne sais si la république de Venise s'en accommoderait, quoique né son sujet *. »

Le 2 août, le cardinal d'Estrées envoya au roi les détails suivants, qui achèvent de peindre le caractère double et ambitieux d'Ottoboni. Le pape était sur le point de mourir, et le sacré collège comptait de nombreux vides. « Don Livio ayant l'ait rechercher le cardinal Ottoboni et lui faisant entendre que, s'il pouvait porter le pape à remplir les chapeaux, il serait à la tête de toutes les créatures d'Innocent XI et que leurs suffrages ne lui (Ottoboni) pourraient manquer. On dit qu'Ottobuon avait répondu que le pape ne l'écouterait pas plus que les autres, qu'il ne veut pas admettre ; qu'il ne pouvait s'ingérer lui-même dans une affaire de cette nature; que, si le pape le faisait appeler, il ne manquerait pas de lui représenter les raisons qui devaient le porter à une promotion. On l'avait déjà soupçonné d'avoir envoyé un billet cacheté à la prière de Gasoni, mais il l'a nié hautement. Comme il a la réputation d'être double, on ne l'a pas cru tout à fait. » Le bruit court, ajouta d'Estrées, qu'Oltobon doit être appelé au palais pour régler la promotion, mais qu'il n'y veut prendre aucune part, disant « qu'il n'était pas assez malhabile pour dégoûter tous ses confrères en tentant une chose difficile. » Les vieux cardinaux ne voulaient pas entendre parler de cette promotion, qui naturellement aurait diminué leurs chances au conclave 2.

Innocent XI était à peine mort, qu'Ottoboni se signala, dans une assemblée de cardinaux, par son zèle à faire décerner à don Livio le titre de général de l'Église 3. A

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