‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 433 sur 473 · Correspondance de Rome, t. COXC, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. COXC, p

étaient brouillés; mais en écartant les apprécialions purement personnelles du cardinal d'Estrées, restent toujours les faits et les appréciations du public.

Après ce portrait d'ensemble, voyons les détails.

a Pour le cardinal Azzolin, écrivit le duc d'Estrées à Louis XIV le 5 mai 1676, il ne perd aucune occasion de nuire et de mal faire dans les affaires de Votre Majesté1. » Le cardinal d'Estrées le jugea de même sur ce point; écrivant à Pomponne le 15 juillet, il lui dit que ce cardinal « était devenu l'ennemi de la France, » qu'il affectait « un certain acharnement arrogant et présomptueux à choquer les intérêts de Sa Majesté, qui mériterait, en sa personne quelque exemple et quelque mortification2. »

Ottoboni, Homodei et lui étaient les seuls restes des Escadronistes en juillet 16763. Son rôle au conclave de 1676 est connu. Bien que, selon le duc d'Estrées, il eût combattu la candidature d'Odescalchi comme au conclave de 1670, il demanda sept grâces au nouveau pape dans la première audience qu'il eut à son tour4. Peut-être était-ce pour se dédommager de n'avoir pas été appelé à la congrégation qui fut chargée de discuter la question de la paix de Nimègue ; car, ayant été ministre sous Innocent X et quelque temps sous Alexandre VII, et secrétaire d'État sous Clément IX, il aurait dû, à ces titres, être appelé à cette congrégation5.

1. Correspondance de Rome, t. CGXLIV, p. 11-19. Z. Ibid., t. CGXLV, p. 52-91.

3. Mémoire du cardinal d'Estrées sur les sujets papables, le 16 juillet 1676 {ibid., t. CCXLIII, p. 119-163).

4. Le duc d'Estrées au roi, le 17 novembre 1676 (ibid., t. CGXLVIII,

5. Le cardinal d'Estrées à Pomponne, le 17 novembre 676 (ibid.,

LE CARDINAL AZZOLINI. 541

Toutefois le cardinal Cibo agit dès le principe de concert avec lui, ce qui prouverait que le pape lui avait donné sa confiance. Servient qui raconta ce fait dans son mémoire du 30 décembre à Pomponne, ajouta : « Cette conduite serait d'autant, plus fine que le pape en ayant une toute contraire avec Altieri, cette même contrariété en rendrait la pénétration plus difficile. C'est ce que je laisse au jugement de Votre Excellence; mais il est certain que les premières lettres qui furent écrites aux princes furent communiquées au cardinal Azzolin1. »

Azzolini fut de ceux qui combattirent le plus vivement, en octobre 1677, le projet de canonisation du cardinal Bellarmin2. Il fut très lié avec le cardinal Spinola, gouverneur de Rome, et prit part à toutes ses intrigues pour brouiller le duc d'Estrées avec le pape 3. En décembre 1679, le cardinal Rospigliosi dit au duc qu'Azzolini travaillait de toutes ses forces à provoquer une rupture entre le pape et Louis XIV ; et le duc, en l'écrivant à Pomponne, l'engagea à témoigner du ressentiment à ce cardinal, en le faisant écarter de toutes les congrégations où l'on traitait des affaires de France4. Pour faire pièce à Louis XIV, Azzolini se porta défenseur, avec quelques autres cardinaux, du jansénisme5 ; il pressa, en juin 1680, la censure des livres du Père Maimbourg6 ; en juillet, il redoubla de zèle pour exciter le pape contre la France7, et, trouvant le pape trop modéré dans la question de la

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