‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 436 sur 473 · Ibid., t. CCLXXII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXII, p

LE CARDINAL AZZOLINI. 545

pigliosi, qui assura le duc d'Estrées que, si Azzolini et la reine ne parlaient plus mal à propos, ils persistaient dans les mêmes sentiments « et feraient sous main autant de mal qu'il leur serait possible1. » Ce n'était donc qu'une duperie de leur part. Enfin Servient ouvrit les yeux : « Le grand silence d'Azzolin, écrivit-il le 25 septembre, m'est suspect, surtout depuis la promotion2. » Le duc d'Estrées mit aussi fin à sa méprise, et le 11 février 1682 il avertit le roi qu'il s'était concerté avec son frère le cardinal, pour faire connaître à Azzolini et à Ottoboni les sentiments de Sa Majesté sur leur mauvaise conduite dans les choses qui ont regardé son service et sa satisfaction.

Dans un mémoire daté du 29 avril 1682, Servient jugea ainsi le cardinal Azzolini : — Il pourra être le plus utile ou le plus dangereux, selon le tour qu'il prendra. 11 s'est montré favorable à la France dans plusieurs affaires. « D'un autre côté, M. le cardinal d'Estrées assure qu'il a su précisément que ce cardinal donnait en toutes choses les conseils les plus précipités et exerçait une inimitié cruelle pour la France, d'autant plus dangereuse qu'elle était couverte d'apparences civiles et tempérées à notre égard... M. le cardinal d'Estrées prétend de plus avoir su que tous ses avis, depuis l'arrivée de la lettre de l'assemblée au pape et depuis la notion sur les résolutions de l'assemblée, au sujet de la proposition de la Sorbonne, ont penché aux extrémités les plus violentes; que l'aversion que la reine de Suède témoigne aux Français même, pour la France, en parlant des affaires du Nord et de celles d'Italie, où elle établit des ligues imaginaires, vient de ses enseignements, qu'elle ne sait pas corriger comme lui par la dissimulation italienne; que le même cardinal a des liaisons intimes avec l'ambassadeur d'Espagne, par le moyen de son neveu, qui est perpétuellement à la suite de

1. Le duc d'Estrées au roi, le 19 août 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXII, p. 112-12-2).

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