Ibid., t. CCLXXXI, p
Azzolini fut particulièrement furieux de la surséance acceptée parle pape dans les affaires de France1. Le cardinal Ludovisio, faisant allusion à Azzolini et à Favoriti, dit au pape que c'étaient des « canaux infects, canali infetti*. » Aussi en août 1682 le cardinal d'Estrées fit-il remettre au pape un mémoire dans lequel leurs intrigues étaient démasquées, et dans lequel il demandait à Sa Sainteté qu'ils fussent exclus de toute négociation concernant les affaires de France3. Et, afin de mortifier Azzolini, le duc d'Estrées ne lui envoya aucune invitation pour le Te Deum de la naissance du duc de Bourgogne, Te Deum qui fut chanté dans l'Eglise Saint-Louis des Français et auquel plus de cardinaux assistèrent que d'ordinaire. Le 18 septembre, Louis XIV écrivit de Versailles au duc : « Continuez à donner au cardinal Azzolini toutes les mortifications que mérite son emportement. »
Plus ce cardinal s'envenimait contre la France, plus son intimité avec le pape croissait. En novembre, il écrivait « souvent trois ou quatre fois la journée » à Sa Sainteté 4. Il fut aussi lié avec Casoni qu'avec Favoriti, et il multiplia ses intrigues avec le neveu comme avec l'oncle. Il fut renseigné sur Paris, entre autres, par le connétable Colonna, qui l'était par la duchesse de Bracciano, laquelle communiquait directement avec le nonce Ranucci3. En juin 1683, le pape lui accorda trois bénéfices, devenus vacants par la mort de l'archevêque de Fermo et rendant plus de 400écus. « Ce cardinal et Casoni, écrivit Servient le 8 de ce même mois, s'avancent tous les jours dans l'esprit du pape, » et ils sont « acharnés » contre la
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 25 juin 1682 (Correspondance de Rome), t. CCLXXXIII p. 381-389.