Ibid
4. Servient à Croissy, le 5 novembre 1682 (ibid., t. CCLXXXII, p. 31-38).
5. Le même au même, le 11 mai 1683 (ibid., t. CGLXXXVI, p. 101- 102).
LE CARDINAL AZZOLINI. 519
France1. Au mois d'octobre, Azzolini s'efforça tout particulièrement d'exciter le pape contre le cardinal d'Estrées, qu'il accusait de vouloir « suborner tous les conseillers de Sa Sainteté ; »• et par un nomme Marselli, gentilhomme bolonais habitant Paris, il aurait su s'attirer la considération de l'archevêque de Paris au détriment des d'Estrées2. Il usa non seulement de Marselli, mais encore du nonce Ranucci, pour tâcher d'arriver à son but; Ranucci, en effet, parla à Louis XIV en faveur du cardinal, comme si Rome eût voulu créer un canal de négociation en dehors des d'Estrées. Le cardinal d'Estrées, qui comprit le piège, écrivit à Sa Majesté, le 26 octobre, de manière à discréditer Azzolini. « Le cardinal de Retz, raconta-t-il, m'a dit que le cardinal Azzolin lui fit mille tracasseries malhonnêtes, n'a cessé de chercher les moyens de nuire aux intérêts de Votre Majesté, et de faire naître et d'augmenter toutes sortes de brouilleries et d'embarras, non seulement dans les affaires de France, mais dans toutes celles de cette cour. C'est de lui que vient tout le venin que la reine de Suède répand à toute heure et de tous côtés contre la nation... Et ce qui rend le cardinal Azzolin plus indigne du pardon de Votre Majesté, c'est que, s'éfant engagé quelque temps après mon arrivée (sans que je le recherchasse) de contribuer à l'accommodement des démêlés, il n'oublia rien, l'année passée, pour les porter à une dernière rupture, et disait dans la congrégation qu'il fallait s'aller jeter aux pieds du pape, pour lui dire que le saint, siège était perdu, s'il ne publiait sa Constitution, dans le même temps que son confident faisait entendre par l'abbé Servient qu'il adoucissait les choses, et qu'il continuait d'agir comme il me l'avait promis 3. » Afin de donner à entendre qu'il n'était point soumis