‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 440 sur 473 · Ibid., t. CCLXXXIX,p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXXIX,p

aux personnages officiels de la curie, et qu'il pouvait, par sa seule influence, nouer lui-même des relations directes avec la cour de France, sans passer par la nonciature ni par la secrétairerie d'État, il affecta de se plaindre que le nonce Ranucci se fût occupé de lui, et il dit au prélat Doria, correspondant de Ranucci à Rome, qu'il avait un meilleur canal que le nonce pour transmettre ses propres affaires au roi de France. Il faisait allusion à l'archevêque de Paris et à Marselli (abbé Marsili). Le cardinal d'Estrées raconta toute cette histoire au roi, dans sa dépêche du 9 novembre 4683, et témoigna n'y pas croire, remarquant que « les gens de ce pays-ci inventent, exagèrent, amplifient et travestissent volontiers les choses *. » Le roi lui répondit de Versailles, le 3 décembre : « Pour ce qui regarde les intrigues du cardinal Azzolin avec l'abbé Marcilîi, vous avez raison de dire que les gens de la cour où vous êtes sont fertiles en inventions, selon qu'il convient à leur intérêts... Je m'assure aussi que l'archevêque de Paris, qui sait bien que je n'ai pas sujet d'être content de ce cardinal, ne sera entré en rien qui le puisse flatter de pouvoir rentrer dans mes bonnes grâces par d'autre canal que le vôtre et par d'autres voies que celles d'un attachement indubitable aux intérêts de ma couronne,.. L'abbé de Marcilly ou le cardinal Azzolin ont travesti un compliment de civilité pour en tirer quelques avantages auprès du pape 2. »

Après avoir triomphé des intrigues d' Azzolin à Paris, le cardinal d'Estrées se sentit plus ferme pour lutter contre lui à Rome. Parlant des chefs de la cabale antifrançaise, il les traita d'imposteurs et leurs agissements de friponneries. « Le cardinal Azzolin, dit-il, est à leur tête comme à celle des quiétistes3. » Cependant, lorsque le duc d'Estrées mourut, il lui fit part de cette mort,

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