‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 458 sur 473 · Correspondance de Rome, t. CCLXIX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXIX, p

elle dit qu'il ne pouvait rien faire de mieux que de mourir en blasphémant le pape; et elle se laissa aller à toute sa colère de ce que le pape venait de défendre les opéras1. Elle fit de la théologie comme elle faisait de la médecine. Le cardinal Azzolini était sa grande lumière, sans doute avec les Pères Lupus et Pallavicini. De même qu' Azzolini se distinguait entre tous les théologiens de la curie par son fanatisme contre la régale, ainsi soutenaitelle publiquement que le pape ne montrait pas assez de rigueur et « que la prétention du roi de France touchant la régale n'était pas bien fondée2. » En février 1681, le pape lui ayant permis de faire jouer une comédie à la condition qu'il n'y assisterait d'autre dame que la princesse de Rossane, elle n'accepta pas cette condition, et le pape interdit alors toute comédie au théâtre du collège des Pères Sommasques3. Persuadée que cet interdit avait été inspiré par M. de Luca, elle le traita « avec des termes si injurieux et si offensants, dit le duc d'Estrées, que, quand c'aurait été un laquais, elle n'aurait pas pu parler autrement. Elle lui dit aussi qu'il devait souhaiter de mourir avant le pape, parce que, s'il lui survivait, elle le ferait traiter comme il méritait. L'on a été fort surpris de cet emportement contre l'auditeur de Sa Sainteté4. » Le duc ajouta dans sa dépêche du 11 mars : « La reine de Suède fit prier, il y a quelques jours, M. de Luca de l'aller voir, et dans cette visite elle lui témoigna du déplaisir de la manière dont elle lui avait parlé, ce qu'elle accompagna de beaucoup d'honnêtetés. Mais comme l'on dit qu'il n'avait point de tort et que c'est un des hommes du monde le plus glorieux, il est difficile qu'il revienne

1. Le même au même, le 27 novembre 1680 (Correspondance de Rome, t. CCLXIX, p. 290-296).

2. Leduc d'Estrées au roi, le 31 décembre 1680 (ibid., t. CCLXVI, p. 459-475;.

3. Le même au même, le 11 février 1681 (ibid., t. CCLXXl, p. 78- 88).

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