‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 459 sur 473 · Le même au même, le 25 février 1681 (ibid., p. U9-lo · texte numérisé non relu

Le même au même, le 25 février 1681 (ibid., p. U9-lo

jamais du traitement si rude de cette princesse1. » Vers la fin de mars 1681, le duc d'Estrées reprocha au pape de rester sous l'influence des inventions de Favoriti, qui était lui-même sous l'influence antifrançaise de la reine Christine et du cardinal Azzolini2. Le lendemain de Pâques, la reine alla voir le pape ; elle lui fit le plus grand éloge de Favoriti, et le pria de le mettre à couvert de ses ennemis en le créant cardinal; mais le pape ne répondit rien. Le duc d'Estrées, qui mentionna ce fait, raconta, quelques lignes plus loin, qu'il avait vu la reine et qu'elle s'était plainte des traitements qu'elle avait reçus de France. Le duc lui fit remarquer qu'elle avait encore beaucoup plus maltraité la France et que le roi était informé de tout. La reine voulut justifier le cardinal Azzolini, qui servait honorablement le pape, son maître. Le duc répliqua que ce n'était pas servir le saint siège que de pousser à une rupture entre la France et le saint siège. La reine dit alors que, s'il y avait eu une bonne intelligence entre le roi de France et elle pendant le conclave, « on aurait fait quelque chose de bien mieux que ce pape-ci. » Le duc répondit que le choix était excellent, mais que malheureusement le pape actuel ne pouvait pas, avec un entourage si mal intentionné, faire paraître ses bonnes intentions. « Elle baissa la tête sans me rien répondre, dit le duc. Je crus me devoir étendre sur les louanges du pape, tant parce que j'avais dit que Votre Majesté l'avait fort désiré que pour taxer tacitement la conduite du cardinal Azzolini et ne laisser aucun lieu à la reine de Suède de pouvoir dire que je n'avais pas bien parlé de Sa Sainteté. » Le duc pensa que cette tentative de la reine et du cardinal Azzolini de rentrer dans les bonnes grâces du roi, venait de ce qu'ils s'apercevaient de la possibilité d'un accommodement entre le cardinal Altieri et Louis XIV, et qu'alors ils seraient abandonnés de tout le monde3.

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