Correspondance de Rome, t. CCLXXI, p
2. Le duc d'Esirées au roi, le 29 mars 1681 (ibid., p. 175-213).
3. Le duc d'Estrées au roi, le 16 avril 1681 {ibid., p. 232-265).
Le cardinal d'Estrées écrivit aussi à Louis XIV qu'il avait visité la reine à l'occasion des fêtes de Pâques, et qu'elle avait fait beaucoup d'avances1.
La reine fut-elle blessée de la manière dont le duc et le cardinal d'Estrées repoussèrent ses avances, ou voulutelle donner une nouvelle marque d'attachement à ce pape qu'elle estimait si peu? Toujours est-il que, presque aussitôt après avoir ainsi décrié Innocent XI dans sa conversation avec le duc d'Estrées, elle se moqua de l'assemblée du clergé de France g. En mai 1681, le cardinal Gibo dit au duc d'Estrées que cette reine, avec le cardinal Azzolini et Favoriti, faisait tout le mal, c'est-à-dire empêchait la solution pacifique des affaires de France3; le pape luimême dit au duc « que cette princesse ne songeait pas toujours à ce qu'elle disait, la blâmant tacitement de peu de jugement4. » Elle reçut la visite de l'abbé de Saint- Martin, que Louis XIV fit chasser de Rome; et quand cet abbé quitta cette ville, il avait avec lui un valet de chambre de cette reine, nommé Cleret. Elle ne se fit cependant pas illusion sur la valeur et la moralité de cet abbé; car elle dit à l'abbé d'Hervault « qu'il lui avait paru qu'il voulait faire le dévot, mais qu'elle lui avait dit qu'elle le connaissait trop pour qu'il pût la tromper en cela5. »
Le 23 juillet, le cardinal d'Estrées manda au r^i qu'il avait vu de nouveau la reine Christine, qu'elle lui avait demandé pardon pour le passé, promettant de travailler à l'avenir au service du roi, et qu'il l'avait assurée, de son côté, des sentiments de Sa Majesté, dès qu'elle confirmerait ses bonnes dispositions par des effets sérieux6. En ce