Le même au même, le 8 août
6. Le cardinal d'Estrées au roi, le 30 aoûtl682 {ibid.y t. CCLXXXIV p. 199-244).
et le porter insensiblement à rompre1. » Et pendant qu'elle se laissait aller à son triomphe, elle envoyait prendre des nouvelles du duc d'Estrées qui souffrait de la goutte, afin de le provoquer à lui faire une visite lors de Noël. Il ne lui coûtait rien de cultiver les contraires, de sourire en face à ceux qu'elle déchirait par derrière; personnifiant elle-même la contradiction, elle se délectait dans la versatilité et la déloyauté, sans paraître même se douter qu'elle fût versatile et déloyale.
Afin de se séparer le moins possible de feu Favoriti, elle fit faire son portrait pour elle2; la vue de ses traits semblait l'animer de son esprit même. Quelques jours après, elle pria le pape de donner à Casoni le titre de camérier secret participant qu'avait porté Favoriti, et elle invita le marquis del Carpio à faire la même démarche auprès de Sa Sainteté lorsqu'il prendrait congé d'elle3.
En janvier 1683, il y eut cependant entre la reine et le pape un certain refroidissement. Depuis le commencement de son pontificat, Innocent XI lui avait fait une pension de 12 000 écus, parce qu'elle était privée de ses revenus de Poméranie ; mais, étant rentrée dans ses biens, elle dut se résigner à ne plus percevoir cette pension, dont le pape destina les fonds à l'empereur. Elle en écrivit tout d'abord au cardinal Azzolini, en témoignant un vif dépit et une profonde aigreur contre le pape4. Elle prit cependant sur ses revenus pour subventionner les personnages besoigneux de son parti, par exemple, le dominicain Guzman5. A en croire le cardinal Cibo, le pape