Le duc d'Estrées au roi, le 30 décembre
4. Le cardinal d'Estrées au roi, le 14 janvier 1683 (ibid., t. CCLXXXV, p. 164-177).
5. Servient à Croissy, le 25 mai 1683 (ibid., t. CCLXXXVI,p. 108- 112). — Cf. Cardinal d'Estrées au roi, le 27 juillet 1684 (ibid., t. CCXC, p. 330-339).
aurait été, en juillet 1683, « de plus en plus dégoûté de la reine de Suède et à un point qu'il ne pouvait guère l'être davantage ». Elle parlait « avec mépris » du pape, qui naturellement lui en témoignait du ressentiment1. Le pape, en homme habile, n'aurait-il pas mieux fait de lui continuer sa pension?
Cette brouille momentanée ne la rapprocha pas des d'Estrées, qu'elle déclara considérer, en août 1683, « comme ses ennemis particuliers2 ». En octobre, elle eut une audience du pape, pour le féliciter de la victoire remportée à Vienne contre les Turcs, et elle profita de la circonstance pour supplier Sa Sainteté à genoux de faire «toute la promotion pour soi sans aucun national3». Le pape, qui se considérait comme l'auteur de la victoire de Sobieski et comme le premier libérateur de la chrétienlé, fut extrêmement sensible aux louanges de la reine; mais il faut dire, à la gloire de celle-ci, qu'elle n'oublia pas Sobieski et qu'elle lui écrivit une lettre remplie d'admiration, admiration dans laquelle perçait d'une manière visible son désir de blesser Louis XIV, en le mettant bien au-dessous de Sobieski4.
Cette reine fit des emprunts. Il y avait à Rome un prélat nommé Bichi, fort cupide et qui, tout en étant un très mauvais Français, percevait de gros bénéfices en France. Le duc d'Estrées, dans sa dépêche du 9 novembre 1683, dit de ce prélat qu'il « faisait fort sa cour et était attaché à la reine de Suède, et même, que pour lui plaire, il avait obligé son beau-frère de prêter 10000 écus à cette princesse3 ».
1. Le duc d'Estrées au roi, le 6 juillet 1683 (Correspondance de Rome, t.CCLXXXVHI, p. 1-14).
2. Servient à Croissy, le 3 août 1683 (ibid., t. CCLXXXVI, p. 167- 171).