Le même au même, le 5 octobre 1G83 (ibid., p
4. Histoire de Jean Sobieski par A. de Salvandy, t. II, p. 207- 209 Paris 1855.
5'. Correspondance de Rome, t. CCLXXXVIII, p. 341-361
Non-seulement la reine Christine écouta les théologiens, mais elle travailla elle-même à des sujets théologiques. On lit dans la dépêche du cardinal d'Estrées à Louis XIV, le 4 janvier 1684 : « On débite ici toutes les faussetés que la haine impuissante des ennemis de Votre Majesté est capable d'imaginer. Entre les autres livres, il en paraît un italien qu'on appelle Lamina sûentata, à la composition duquel on croit même que la reine de Suède a bien daigner prendre part; on ne le débite qu'avec précaution1. » Lorsque Molinos fut attaqué, elle se porta son défenseur, lui envoya des fruits, le traita « comme un de ses plus chers amis ; » et l'on trouva, en effet, parmi les papiers de ce docteur, plus de deux cents lettres de cette reine2.
Le 9 octobre 1685, le cardinal d'Estrées manda à Louis XIV que, d'après une rumeur, le pape n'avait accordé récemment à la reine aucune des choses qu'elle lui avait demandées3. Dans l'audience qu'il lui donna, il se moqua de l'astrologie, ce qui blessa la reine; et, à son tour, elle se moqua des procédés du pape, lui disant qu'il ne viendrait pas à bout de son dessein pour la religion, ni en Angleterre ni en France. Elle essaya de lui arracher un blâme contre les mesures violentes dont Louis XIV usait en France contre les protestants; mais ce fut en vain. Le pape répondit, en pleurant, qu'il ne pouvait que louer l'extirpation de l'hérésie4.
Vers le 20 mars 1686, elle fit dire au duc d'Estrées qu'elle éprouvait des dégoûts de la cour de Rome, et qu'elle avait l'intention de quitter cette ville pour se retirer probablement à Naples5. Elle pensait ainsi faire sa