‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 468 sur 473 · Ibid., t. CCGVI,p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCGVI,p

7. Le cardinal d'Estrées au roi, le 30 décembre 1687 (ibid., p. 309- 320).

Lavardin, attendu qu'il y avait toujours derrière elle un ennemi, le cardinal Azzolini. On sent, dans ce mémoire, que le cardinal d'Estrées était blessé de voir cette reine et Lavardin en bonnes relations; il était évidemment jaloux, et il aurait voulu que Lavardin lui eût demandé conseil sur ce point. 11 raconta à ce propos que Lavardin taisait à cette princesse des visites de deux heures, et que, le dimanche après la dernière de ces visites, elle avait envoyé dire au cardinal Gibo, avec prière d'en informer le pape, qu'elle était plus disposée que jamais à tout sacrifier pour l'honneur et la dignité du saint siège et du pape, et qu'elle lui offrait sa médiation auprès du roi de France, dans les bonnes grâces duquel elle était rétablie *.

Pendant que le cardinal d'Estrées envoyait ce mémoire à Louis XIV, Lavardin avertissait Sa Majesté qu'il venait de visiter incognito la reine de Suède, qu'elle en avait été ravie, qu'elle faisait le plus grand éloge du roi de France, qu'elle traitait le pape d'hypocrite, d'ambitieux, d'hypocondre, de fanatique, etc2. Le 8 février, elle alla jusqu'à dire à l'abbé Vallati que, si l'on n'y mettait ordre bientôt, elle ne désespérait pas « de voir emmener de Rome le pape et le sacré collège à sa suite, montés sur des bourriques3. » Le roi, probablement embarrassé entre ces avis contraires du cardinal d'Estrées et du marquis de Lavardin, écrivit de Versailles à ce dernier le 25 février, pour lui recommander de bien voir si le langage de la reine de Suède n'était pas un piège qu'elle lui tendait4.

Les dépêches du mois de février 1688 contiennent un travail en langue italienne, intitulé : Scrutinio astrologico sopra Vanno bisestiïi 1688, presentato alla maesta délia regina di Suezia5.

Le 6 avril, Lavardin fit remarquer à Louis XIV que le

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