Ibid., t. CCXC, p
7. Dépêche du 24 juillet 168'J (ibid., t. CCLXVI, p. 112-119).
de l'évêque de Pamiers, Dorât, le pèreMaiJhat et Favoriti lui-même parlaient du pape a comme d'une personne d'une fort petite doctrine etcapacité, etmême hors d'état de bien entendre une question difficile1. » — Le cardinal Ottoboni, qui succéda à Innocent XI sous le nom d'Alexandre VIII et qui fut un de ses principaux appuis, lui adressa, une fois devenu pape, des reproches peu suspects. Il avoua au duc de Chaulnes, le 10 novembre 1689, « qu'il était vrai qu'Innocent XI ne voulait faire plaisir à personne; que ce pape pleurait souvent, mais que pour lui il ne voulait point pleurer, parce que ceux qui pleuraient ainsi faisaient ordinairement pleurer les autres2.» Quelques jours après, il dit au cardinal Colonitz que le général des jésuites n'était pas un spéculatif, mais un « opiniâtre », et qu'il était « comme le défunt pape. Le cardinal Colonitz ne put souffrir cette comparaison et dit quelque chose d'un peu trop fort au pape, qui, au lieu de lui répondre, sonna la sonnette et le licencia3. » Le 4 décembre 1689, Alexandre VIII dit au duc de Chaulnes que Casoni était « un pauvre esprit qui n'en trouverait jamais un pareil à celui d'Innocent XI 4. » Le 16 du même mois, il laissa échapper cette parole que le duc transmit le 23 au roi : « Nous désapprouvons tout ce qu'a fait Innocent XI, et nous le condamnerons*. »
Enfin, le peuple sanctionna de son côté ces jugements désapprobateurs. Tout d'abord, par exemple dans une cavalcade en 1677, Innocent XI, comme nouveau pape, fut très acclamé parle peuple romain6. Mais, dès que celuici fut à même d'apprécier la conduite de son maître, il ne
1. Ce mémoire est daté de février 1680 ; mais je pense qu'il faut lire 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXVIII, p. 100-116).
2. Dépêche du 16 novembre 1689 (ibid., t. CCCXXIII, p. 319-333).