‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 70 sur 473 · Ibid., t. CCLXXI,p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXI,p

% LOUIS Xï VET INNOCENT XI.

lettre clans une réponse qu'il devait faire à de la Borde et qui serait certainement mise par celui-ci sous les yeux du roi. Le pape, en apprenant ce fait, comprit que cette mise à nu des vrais sentiments de son secrétaire d'État le perdrait à tout jamais et ruinerait en même temps l'utile jeu de bascule avec lequel il amusait la cour de France; et dès lors il entra « en une colère où Favoriti ne l'avait jamais vu. » S'il eût été honnête, il eût dû approuver la loyauté de Dorât en cette affaire et exiger du cardinal Cybo une loyauté égaie. Loin de là. Il voulut qu'on cachât l'original de la lettre du Père Mariano, « en sorte qu'on pût douter, si on en parlait du côté de France, que la copie insérée du Père Mariano fût une invention de Dorât. y> Favoriti chercha à se justifier par une « menterie, » en disant qu'il n'avait pas été consulté sur cette réponse de Dorât à de la Borde, lorsque c'était précisément lui qui avait ordonné à Dorât d'écrire la copie dans sa réponse1 !

Dans son mémoire du 20 août 1681, le cardinal d'Estrées^ après avoir parlé des conditions dans lesquelles il devait traiter l'affaire de la régale avec le cardinal Cybo, accusa positivement le pape d'avoir manqué à sa parole2. Le 20 janvier 1682, le pape, qui fournissait cependant des subsides à l'empereur et aux Espagnols, fit croire au duc d'Estrées qu'il blâmait l'union de ces derniers avec les Hollandais, ainsi que le procédé de l'empereur à l'égard des rebelles de Hongrie et le choix du comte de Valdek pour commander les troupes de l'empire3. D'après le cardinal Cybo, le pape aurait donné raison au duc d'Estrées dans l'affaire des cortèges4; or il est constaté d'ailleurs que le pape voulait la suppression des cortèges, tandis que le duc en réclamait le maintien.

1. Correspondance de Rome, t. CCLXXV, 1er suppl. de 1681, p. 187-205.

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