‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 72 sur 473 · Ibid., t. CCCXII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCXII, p

de pente au mal, » qu'il ne se sentait assuré de rien avec lui1. Le 22 octobre, le duc d'Estrées écrivit au roi : « Il n'y a aucun fondement à faire sur les sentiments du pape, si ce n'est celui que les bons durent peu, et qu'il est très difficile de lui faire changer les mauvais. » Le 10 août 1683, parlant du pape, le cardinal d'Estrées dit expressément : « Il y a longtemps que je me suis aperçu de son méchant fond, mais je n'aurais pas cru que, dans une pareille conjoncture, il fût allé si loin; et l'on doit croire après cela que, sans une nécessité absolue, il ne se réduira point à un accommodement, quoi que puisse dire le cardinal Cybo 2. » Le 14 juillet 1684, il ajouta : « Le fond est plus gâté quejamais*;» et le 1er août de la même année : « On ne peut révoquer le grand fond de mauvaise volon'é du pape; le cardinal Cybo, Slusius et quelques autres qui ne sont pas suspects et les plus intimes qui l'approchent, en conviennent4. » Dans sa dépêche au roi, du 12 janvier 1689, ce même cardinal dit encore : « Les deux principes des actions du pape sont la crainte et la mauvaise volonté..., ces deux passions subsisteront toujours en lui5. » M. de Lavardin écrivit, de son côté, qu'on ne devait rien attendre de bon du pape : « car, pour la volonté, elle est aussi méchante qu'elle peut être6. » Dans sa dépèche du 12 avril 1689, il appela Innocent XI « un homme plein de venin 7.»

Toujours à la recherche de ses intérêts, Innocent XI, devait naturellement varier suivant la mobilité de leur cours; et son inconstance devait être d'autant plus grande, qu'il ne connaissait pas les principes qui enchaînent la conscience à la parole donnée. D'autre part, l'insuffisance

1. Correspondance de Rome, t. CCLXXXIV, p. 268-300. 1 Ibid., t. CCLXXXIX, p. 57-66.

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