‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 75 sur 473 · Dépêche du 12 septembre · texte numérisé non relu

Dépêche du 12 septembre

104 LOUIS XÏV ET INNOCENT Xr.

pernicieuses insinuations de Favorili et des autres ma intentionnés, qui se servent des lettres et avis qu'ils reçoivent de France, ou parce qu'avec peu de bienséance et de bonne foi, lorsqu'une chose qu'elle a désirée lui a réussi, elle ne s'en veut pas contenter, dans l'intention de demander et essayer d'avoir davantage1... Je laissai Sa Sainteté dans une très bonne situation, et il faudrait que ce fût le plus grand trompeur et le plus dissimulé de tous les hommes, si cela n'était effectivement. Mais qui peut répondre que Sa Sainteté ne change pas de sentiment, et peut-être bientôt parles insinuations et artifices des mal intentionnés2? »

Le 1er juin 1 683, le cardinal d'Estrées avertit Sa Majesté que, depuis la mort du cardinal de Luca, le pape était plus irrésolu que jamais et de fort mauvaise volo nté 3. Le 22 mai 1685, il lui manda que le pape avait passé dix-neuf jours sans envoyer chercher M. Slusius, qui devrait le voir tous les jours; qu«'il ne pouvait se résoudre à signer la moindre expédition; » qu'il laissait le cardinal Gybolui parler une heure sans rien lui répondre4. Le 15 janvier 1686, il lui raconta cette petite histoire relative à M. de Barrillon : « Comme tous ses cheveux tombaient, dit-il, il a employé le crédit des médecins pour obtenir du pape qu'il pût changer de logis, parce que le sienest humide et malsain, et prendre la perruque. Son confident nous a dit qu'il avait fait cette proposition avec art, pour voir si le pape donnerait quelque signe de le loger bientôt ailleurs. Sa Sainteté n'a rien répondu sur la maison, mais elle a permis la perruque racolta e modesta. C'est la plus grande décision qu'il ait faite depuis son incommodité5.»

Déjà les dépêches ont signalé le caractère méfiant du pape. Voici de nouveaux détails sur ce défaut, compagnon

Page 1