Dépêche au roi, le 23 septembre
3. Dépêches des 31 mars et 6 avril 1683 (ibid., t. CCLXXXV, p. 333-349-355-360).
4. Dépêche du cardinal d'Estrées au roi, le 9 août 1682 (ifcitfo t. CCLXXXIV, p. 151-179;.
Déjà j'ai cité le mot de l'abbé de Servient : « Le pape est aussi ferme avec les timides que timide avec les fermes. » On 'trouve dans les dépêches un grand nombre de faits démontrant l'exactitude de cette parole. « La crainte seule, a écrit le cardinal d'Estrées, a toujours modéré ses emportements1. » Le duc d'Estrées pensa de même, et c'était aussi l'opinion des Vénitiens. Parlant de ceux-ci dans sa dépêche du 28 octobre 1682 : « Ils sont persuadés, dit-il, que le véritable moyen d'arrêter le pape dans ses emportements et pour en empêcher les suites, est de lui donner de la crainte; en quoi ils ne se trompent pas, étant certain que, si elle ne l'avait retenu, il se serait porté en bien des occasions à de grandes extrémités. » « La timidité naturelle de Sa Sainteté, ditil encore, assurément n'est pas petite, quoique en certaines occasions elle crie, elle parle fortement et témoigne d'être résolue à toutes sortes d'extrémités2. » Le 5 octobre 1683, le cardinal d'Estrées manda au roi : « On peut aisément comprendre jusqu'où se porterait le fond de la mauvaise volonté du pape, si la crainte qui la suit de près... n'y mettait ses bornes. Je l'ai si bien pénétrée depuis plus de deux ans, que, quelques espérances qu'on ait conçues ou qu'on m'ait voulu donner d'un changement favorable, elles n'ont guère ébranlé ma première opinion3. »
En mai 1686, l'ambassadeur d'Angleterre prit vis-à-vis du pape une attitude très indépendante et très ferme à propos du chapeau du prince Rinaldo; il fit même du vacarme en sortant brusquement de l'audience du pape, si bien que celui-ci, craignant les suites de cet éclat, mit sur pied Casoni et le cardinal de Norfolk pour calmer l'ambassadeur et lui faire des concessions. Le duc
1. Dépêche du 17 septembre 1682 (Correspondance de Rome, t. CCLXXX1V, p. 304-320.)