Ibid., t. CCLXXXIX, p
d'Estrées, qui raconta ce fait dans sa dépêche du 27 mai 1686, remarqua en même temps, que celte fermeté de l'ambassadeur réussirait certainement si elle persévérait : « car, dit-il, le pape n'est entreprenant que quand il n'appréhende pas de résistance1. » Le 14 mars 1687, le cardinal d'Estrées écrivit au roi : « On vient de m'apprendre une chose qui fait voir que les furies du pape s'arrêtent quand on lui résiste. Le pape s'étant emporté contre la république de Venise dans une audience qu'il donna à Lando, et ayant dit que ses successeurs n'auraient pas autant de patience que lui, Lando lui répondit que, si Sa Sainteté pensait à ses successeurs, ils conserveraient au moins la prudence et l'équité. Celte réponse l'arrêta-. »
Le 25 mai 1688, Lavardin écrivit au roi en parlant du pape : « La peur est l'unique moyen, à ce que j'estime, d'avoir raison d'une tête où il y en a si peu3. » « Votre Majesté, dit le cardinal d'Estrées, connaît quelle est cette intrépidité du pape tant vantée et tant exagérée, quand la crainte le saisit4... Les deux principes de
3 actions sont la crainte et la mauvaise volonté... Après Philipsbourg ils étaient (ici) aux abois, les succès d'Angleterre les ont flattés; mais, si les troupes paraissent, ils seront, grands et petits, dans une entière consternation5. »
Innocent XI était aussi d'un caractère orgueilleux et dominateur. On s'est mépris jusqu'à présent sur les