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roi et l'excommunication de Ledesma, le fit prendre entre trois ou quatre heures de nuit par des sbires, chez une chanteuse qui passe pour courtisane, et les fit conduire l'un et l'autre, liés, jusqu'aux prisons. Le geôlier, qui était instruit, reconnaissant M. l'auditeur, dit qu'il n'avait garde de le recevoir sans ordre de Ledesma, qu'il avait trop de respect pour lui, et qu'il le fallait mener chez le régent Ledesma, dont le logis est fort éloigné des prisons. Ce régent, après avoir reconnu l'auditeur, gronda les sbires, dit qu'il n'avait garde de se mêler d'une affaire pour une personne de ce caractère, qu'ils pouvaient aller trouver le vice-roi. Ils y allèrent. Il fit l'étonné; et ayant reconnu l'auditeur, après une légère réprimande, il ordonna qu'on le menât à M. le nonce, afin qu'il en ordonnât ce qu'il jugerait à propos, étant un sujet privilégié. Le pape a été encore plus touché de celte dernière aventure : » il a écrit au cardinal Durazzo, à Madrid, de demander au roi le rappel du marquis del Carpio, ajoutant que, « si on ne le rappelle sur l'heure, il le déclarera excommunié, et que, s'il ne fait pas cas de l'excommunication, il procédera à l'interdit de la ville et du royaume de Naples 1. »
En 1679, Innocent XI chercha aussi à empiéter sur l'inquisition de Portugal, et à évoquer à sa barre les procès des nouveaux chrétiens soupçonnés de judaïsme. Mais le prince de Portugal défendit ses droits, au grand mécontentement du pape 2. — Les prétentions orgueilleuses de ce dernier à l'égard des Vénitiens froissèrent considérablement ceux-ci. — Le grand-duc de Florence eut aussi à se plaindre. On lit dans une dépêche du duc d'Estrées au roi, du 11 mars 1G81 : « Il est arrivé une affaire entre le pape et M. le grand-duc de Florence, dans laquelle l'on dit que Sa Sainteté est bien fondée. L'audi-