‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 87 sur 473 · Correspondance de Rome, t. CCCV1, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCCV1, p

2. Dépèche du cardinal d'Estrées au roi, le 14 décembre J 68 i (>bid., t. CCXC1II, p. 121-140).

écrivit au roi : « Le pape est occupé de son autorité par-dessus toutes choses, dont il ne connaît pas assez ni les bornes ni l'étendue1. » Et dans celle du 5 juillet 1689 : « Le pape s'échauffa tellement ce jour-là que, dans sa colère, il dit que Dieu l'avait visité par cette maladie, parce qu'il avait été trop lent et trop faible à soutenir les droits du saint-siège, mais que, si Dieu lui faisait la grâce de guérir bientôt, il était résolu de réparer les fautes que sa facilité et son indulgence lui avaient fait commettre. Il est très assuré qu'il tint ce discours, et c'est l'unique effet des méditations taciturnes qu'il fait dans son lit2. »

Innocent XI fut un maître consommé dans l'art de trouver des expédients au service de son ambition et de ses desseins dominateurs.

Comprenant l'importance qu'il y avait pour lui à tenir sous sa main, comme des fils sans résistance, les différents ordres religieux disséminés à travers le monde, il s'efforça sans cesse d'en être le maître, de manière à pouvoir les diriger à son gré ; et, afin que les supérieurs généraux de ces ordres fussent des créatures dociles à ses ordres, il chercha à les faire nommer parmi les religieux italiens, écartant avec soin les religieux étrangers, surtout les religieux français, qui auraient pu professer des doctrines d'indépendance, voire même de résistance.

Le cardinal d'Estrées s'exprima ainsi, dans sa dépêche au roi, du 25 mai 1683 : « J'écrivis, il y a quinze jours, que je me donnerais l'honneur d'envoyer un mémoire à Votre Majesté sur le sujet des autres ordres (religieux), et V inégalité avec laquelle ses sujets sont traités dans les chapitres qu'on tient à Rome ou ailleurs pour la distribution des charges. Je le joins à cette lettre3.» Ce mémoire se

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