Correspondance de Rome, p
serait un fâcheux précédent, et que le pape en prendrait occasion pour empiéter et s'adjuger des droits de nomination aux bénéfices1. Dans sa dépêche du 5novembre 1682 le cardinal d'Estrées dit aussi, à ce propos : « L'empiétement est si ordinaire et si naturel à cette cour, qu'on ne peut trop s'opposer aux moindres tentatives qu'elle en fait 2. » L'abbé Melani ayant obtenu l'abbaye de Beaubec (sic), le pape s'en plaignit et lui fit dire qu'il serait peut-être excommunié, s'il jouissait des revenus de cette abbaye sans avoir de bulles3. Dans la fameuse question des induits, Innocent XI montra toute son opiniâtreté à vouloir nommer les évoques dans plusieurs diocèses conquis par la France.
L'évèque de Nantest s'étant démis de son évêché, le roi y nomma l'abbé deBeauveau comme à un évêché vacant; mais, cet abbé n'ayant pas l'âge canonique, le roi fit demander une dispense à Rome. Le pape saisit cette occasion pour prétendre qu'il était de son droit d'examiner d'abord si les raisons del'évêque de Nantes pour se démettre de sa charge étaient acceptables. L'abbé de Servient s'exprima ainsi à ce sujet, dans sa lettre du 15 février 1679 à M. de Pomponne : « Sans parler de l'ancienne discipline à l'égard des cessions, qui n'étaient pas d'abord permises par la nécessité et utilité des Églises, quoique ensuite on en ait introduit des causes pour les autoriser, non plus que du droit pour les approuver, qui appartenait autrefois aux métropolitains, quand, par une nouvelle discipline introduite par Innocent 111, M. l'évèque de Nantes devrait rendre raison ici de sa cession ou démission, parce qu'ayant été lié par le pape à son église, avec laquelle il a contracté selon la doctrine d'Innocent un mariage spirituel, il n'y a que le pape