‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 105 sur 268 · A. É., Rome, 145, Créqui au roi, 11 juillet 1662, f · texte numérisé non relu

A. É., Rome, 145, Créqui au roi, 11 juillet 1662, f

traité des affaires avec Notre Seigneur, il l'a fait en termes assez après et il a pour ainsi dire bravé Sa Sainteté l. » Le nonce, qui personnellement, comme on sait, était mécontent de l'ambassadeur, eut soin de se plaindre aux ministres du roi d'une telle façon d'agir : « Je leur ai fait sentir, répondit-il au cardinal Chigi, que ce ne sont pas lii les vraies manières de traiter avec le Souverain -Pontife, ni d'en obtenir des grâces, et que le seul moyen de porter Sa Sainteté à plus de bienveillance est l'affection et la douceur ». Il ne manqua pas d'ajouter qu'une telle conduite ne s'accordait point avec les bonnes intentions du roi, et loua la sagesse du pape « d'avoir dédaigné et pris en pitié l'ardeur inconsidérée de M. de Créqui » 2. Il saisit en outre l'occasion de rappeler, d'après les informations que le cardinal Chigi lui avait transmises dans la même lettre, quelques négligences dont l'ambassadeur s'était rendu coupable au temps de son arrivée envers plusieurs gentilshommes que les cardinaux avaient envoyés pour le complimenter3 : il prétendit même que, dans cette fâcheuse audience du 10 juillet, non seulement il avait parlé « avec arrogance et sans respect à Sa Sainteté », mais encore qu'il ne s'était agenouillé devant le pape que d'une manière contrainte et presque incorrecte *.

Il était temps évidemment, pour le gouvernement du roi, s'il ne voulait rompre, d'essayer de meilleurs moyens. 11 s'y était déjà résolu avant de connaître le résultat de cette entrevue et d'après ce qu'il savait de l'état général des choses : espérant tout replacer en bonne voie par une concession qui lui coûtait mais qu'il croyait nécessaire, il avait remis à l'étude la question de la première visite aux parents laïques du Saint-Père.

1. Arch. Vat., le cardinal Chigi au nonce à Paris, 10 juillet.

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