Ibid., 7 juillet, T
3. l'raiK ois-Aiinihal d'Hstrécs, frère de la célèbre Gabricllc, né en 1573, maréchal de France en L626, fut deux fois ambassadeur à Rome, en L621,
Siège en K>2I el <mi L636; il lui faisait poser deux questions : « 1° si les parents du pape ou quelqu'un d'entre eux fut à votre rencontre lorsque vous fîtes votre entrée dans Rome? 2° si, après votre arrivée, vous visitâtes les parents séculiers avant qu'ils vous eussent vu chez vous, ou s ils vous rendirent la première visite 1 ? » Et, non content de réclamer ce témoignage péremptoire, et qui n'était pas suspect eu égard au caractère superbe du maréchal 2, il faisait contrôler soigneusement les affirmations du Mémoire de M. de Luzarche qui lui parut « être allé bien vite à assurer des faits qui ne se trouvent pas véritables et qui ont été néanmoins, dit-il, le principal fondement des ordres que j'ai donnés » 3.
Cette enquête établit, en effet, que les précédents invoqués par le maître des cérémonies de l'ambassade étaient fort aventurés. L'exemple seul de M. d'Alinconrt 4 semblait être favorable à ses conclusions, et encore n'était-il pas décisif, puisque ce diplomate avait « envoyé le premier demander l'audience aux parents du pape » et que c'était de leur plein gré que ceux-ci, déclinant cet honneur, avaient fait la première visite. La plupart des autres réceptions confirmaient l'opinion de la Cour de Rome : le nonce récusait le précédent du maréchal de Créqui en 1633, sous prétexte que sa mission, étant une ambassade d'obédience, ne tirait pas à conséquence pour une ambassade ordinaire : il niait en outre formellement que le commandeur de Sillery, cité par M. de Luzarche, pût avoir
où il contribua à l'élection de Grégoire XV (Ludovisi), puis, en 1636, sous Urbain VIII. Chevalier du Saint-Esprit en 1633, duc à brevet en 1648, duc et pair en. 1663. Il mourut en 1670, âgé de quatre-vingt-dix-huit ans; ses trois fils furent le duc d'Estrées, ambassadeur à Rome en 1672, le cardinal et le second maréchal d'Estrées.
1. A. E., Rome, 145, Lionne au maréchal d'Estrées, 7 juillet, f° 120. — Voir aussi le Mémoire sur le traitement des ambassadeurs, déjà cité.
2. Le maréchal s'était montré à Rome particulièrement jaloux de ses prérogatives. Son ambassade avait été signalée par diverses querelles et même des rixes sanglantes. (Voir à ce sujet Valfrey, Hugues de Lionne, p. 21.)