A. K.. Rome, 145, Le roi à Créqui, 14 juillet, f
disposition d'esprit du Saint-Père « qui, de son naturel, s'arrête plus à ces petites circonstances de cérémonie qu'a
des choses solides ». Il rappela — ce qui était vrai — que le pape s'était abstenu de faire jusqu'alors « aucun compliment » à la duchesse de Créqui, et qu'on serait même surpris « s'il la recevait au cas qu'elle demandât à le voir » ; il fit une brève allusion aux divers indices de la malveillance du pontife, et il conclut qu'il v avait lieu « de finir cet incident ». Et voici la combinaison qui fut adoptée.
Il importait beaucoup aux yeux du roi, que M. de Créqui eût, auprès du pape et des parents, le mérite d'un arrangement agréable. Sa Majesté fit donc déclarer de nouveau au nonce, d'abord que l'ambassadeur ne pouvait être rendu responsable des ordres qu'il avait reçus, ensuite que le roi, sans discuter davantage les différents exemples allégués, a n'avait l'intention de rien innover, et encore moins de rien retrancher à la maison Chigi des civilités qu'on a coutume de rendre aux parents du pape, aimant et considérant beaucoup toute sa famille », et que pour cet effet, il laissait son ambassadeur « en pleine liberté de faire sur le sujet de cette contestation tout ce qu'il estimerait raisonnable ». Ainsi M. de Créqui se trouvait établi « quasi comme le juge et non pas la partie », afin que sa dignité fût sauvegardée, et que, d'autre part, au cas où comme on n'en doutait pas il se résoudrait à la visite, les parents du pape lui en' eussent toute l'obligation \
Après avoir indiqué ainsi son sentiment, le roi traça la ligne de conduite à suivre. Il le fit, par courtoisie, sous forme de conseil, mais c'était un ordre; en même temps, il sugréféra un subterfuge dont il avait usé lui-même, ainsi
Or) O
que nous l'avons dit plus haut (§ VI), dans l'affaire de la reine de Suède : M. de Créqui devait faire venir les maîtres des cérémonies du Vatican, leur dire, ce qui était absolu-