‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 110 sur 268 · A. É., Rome, 145, le roi à Créqui, 14 juillet · texte numérisé non relu

A. É., Rome, 145, le roi à Créqui, 14 juillet

ment faux, que dès son arrivée à Rome, voyant le déplaisir de Sa Sainteté, il avait écrit à Paris en faveur du désir des parents laïques, et ajouter qu'enfin le roi venait de le satisfaire, en le dégageant des liens de ses instructions, et en lui laissant le soin de décider la question luimême. Il se réunirait ensuite avec les maîtres des cérémonies en conférence, affecterait de se rendre à leurs raisons « principalement par le motif de plaire à Sa Sainteté », et enfin leur « lâcherait le mot » et ferait la visite. Au surplus, toute cette procédure, un peu de comédie, et dont les subtils conseillers du Saint-Siège ne pouvaient guère être dupes, n'était pas absolument imposée à M. de Créqui : le roi s'en remettait sur ce point à sa prudence; mais la démarche elle-même était implicitement prescrite; l'ambassadeur n'avait qu'à en prendre son parti. Le roi l'invite même à agir vite : « autrement, dit-il, ce que vous avez à faire ne saurait quasi plus être exécuté avec bonne grâce et bienséance et vous en perdriez la moitié du mérite » l. La reculade en somme, plus ou moins dissimulée, était complète. La Cour de France cédait en ceci comme dans la question du tabouret de la reine de Suède.

La mission commençait donc par une série de mécomptes : M. de Créqui, mal traité par le pape, était deux fois désavoué par sa Cour. Le roi ne lui cachait pas que, d'après des avis secrets, le pontife était décidé à refuser sous divers prétextes toute grâce à l'ambassadeur 2; Mme de

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