Ihitl.. Benedetti à Lionne, 8 août, f
pour lui de se voir si mal soutenu ». Vagnozzi est convaincu que nul bien n'en suivra, et que la Cour de Rome, « qui ne se pouvait flatter de voir un si grand prince céder en cette circonstance, n'en conservera qu'un plus insupportable orgueil » '.
11 fallait néanmoins s'exécuter, et le duc de Créqui s'y résigna aussi bien que possible. On doit louer ici la loyale dignité de son caractère. Il refusa de recourir au subterfuge que lui proposait son souverain et de chercher à faire croire que lui-même désirait et sollicitait depuis longtemps une telle conclusion. Il avait trop de respect de lui-même pour descendre à ce mensonge, et en vérité il en aurait pu avoir honte vis-à-vis de son propre gouvernement, car la dépêche royale s'était croisée avec une lettre qu'il écrivait le 25 juillet et où il constatait de nouveau sa ferme résistance, s'en félicitait et prétendait que tout le monde à Rome « louait la conduite que Sa Majesté lui avait ordonné d'observer en ce rencontre » 2. En outre la discussion avec les maîtres des cérémonies du pape qui lui était conseillée par le roi lui parut avec raison superflue et peu convenable pour un ambassadeur. Il considéra qu'il valait mieux trancher dans le vif, et agir avec plus de simplicité à la fois et de bonne grâce. Pour y parvenir, il choisit un intermédiaire de haut rang, son collègue, l'ambassadeur de Malte, M. d'Elbène, de nationalité française, dont les sympathies lui étaient acquises et que le Saint-Père écoutait volontiers. Il s'en ouvrit à ce diplomate et le chargea de traiter directement l'affaire avec le cardinal Chigi. Il le pria d'annoncer au neveu du pape que le roi l'ayant « délié de la nécessité que ses instructions lui imposaient » et lui ayant remis la question, il s'était aussitôt décidé à faire la visite : il chargea en même temps M. d'Elbène de dire de sa part avec courtoisie qu'il était « bien aise d'ailleurs d'avoir cette