‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 123 sur 268 · A. É., loc. cit., f · texte numérisé non relu

A. É., loc. cit., f

2. Archives de Florence, n° verde 3 38G (Roma, CXXYII), dépêche de l'ambassadeur Rinuccini.

sage, les marchands fermant leurs boutiques, les femmes criant et s'évanouissant *, un grand bruit, de brèves informations plus ou moins confuses jetées au passage, enfin une de ces terreurs soudaines qui décuplent toujours l'importance réelle des événements. Ces deux courants populaires furent simultanés : celui de la via Giulia emportait avec lui les Français qui allaient instinctivement chercher refuge ou secours au palais de leur ambassadeur; celui de la via de' Pettinari rencontra d'assez nombreux soldats corses en promenade, et qui, surpris et épouvantés par les cris, les gestes, la course de la multitude et la vue de leurs camarades surexcités par le combat et dont l'un était blessé, rebroussèrent chemin avec eux vers l'église de la Trinité et la piazzetta de la caserne. Chacun des deux partis suivait ainsi sa pente naturelle et provoquait une explosion au point d'arrivée. Mais, dans la via Giulia, si regrettables qu'aient été les faits et surtout leur retentissement et leurs suites, ils n'ont duré que peu de temps, et n'ont pas eux-mêmes dépassé la mesure d'une scène de violence; tandis que le désordre de la via de' Pettinari a eu de tout autres résultats. Nous les retracerons plus loin : exposons d'abord l'incident amené par l'arrivée des Français et de la foule effarée auprès des écuries et des jardins du palais Farnèse.

Ces individus, refoulant devant eux toute une troupe de peuple, et suivis par un grand nombre de gens curieux ou empressés de regagner leurs demeures, brandissaient leurs épées eu poussant des clameurs menaçantes, cl ils arrivèrent bientôt aux communs de L'ambassade de France. Faut-il croire, comme l'indique une seule relation 8, qu'ils

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