Enquête, dép. Ben! ivoglio, p
:?. Dép, de Créqui, 'Jl août
■, Elle esl appelée ainsi à cause de la fresque représentant Le pape I ar« u< ->■ au-dessus oY la grande cheminée. ... .1 ai décrit en détail 1<- Balon de Paul III dans mon livre intitulé : xrnei d'un voyageur, 1890, p. 17<> à L81.
Monserrate jusqu'au delà <!<■ l'église Santa Catarina délia Ruota. L'ambassadeur s'avança sur le balcon l. Il parut vivement ému de la scène qui s'offrait à ses yeux : quelques fuyards traversaient la place vide; dans les rues adjacentes se pressait une foule éperdue; au coin des vicoli, les soldats corses tiraient au hasard. Les habitants des maisons voisines le virent frapper du pied, étendre les mains : était-ce un geste de surprise et d'indignation, ou bien, comme ils l'ont cru, cherchait-il à rappeler ceux de ses gens qui étaient restés dehors, ou encore à arrêter les arquebusades en menaçant les Corses? Quoi qu'il en soit, ceux-ci, sachant ou non que l'ambassadeur était sur le balcon, envoyèrent dans cette direction et sur les fenêtres une nouvelle volée de mousqueterie. La violation du droit des gens était consommée.
En présence d'une pareille insulte, le duc de Créqui, dont la vie même était en péril (plusieurs projectiles avant passé près de sa personne et même laissé sur les colonnes du balcon des traces encore aujourd'hui visibles 2), ne
1. Enquête, dépositions de Boni et d'Humiltà : « Yiddi il signor ambasciatore su la ringhiera del Palazzo che sbatteva li piedi » ; — « lo viddi comparir su la ringhiera... e con tutte due le mani chiamava à se le sue genti ». — Le duc de Créqui (dépêche du 21 août) : « Je m'avançais sur le balcon à la nouvelle qu'on m'en dit (de la mort de Guarnaccino et du mouvement d'investissement des Corses) : l'on m'y tira plusieurs coups au même instant ». — Lettre de M. de Bourlemont : « M. l'ambassadeur s'étant présenté à un balcon, on lui tira des mousquetades avec grand danger de sa personne ». A. É., loc. cit., f° 38. — Mêmes détails dans la Relation véritable, etc., déjà citée. — Lettre écrite de Rome, A. É., f° 39; Relation anonyme, A. É., f° 49; Autre relation (Nouvelles de Rome), A. É., f° 52 : « si fece vedere aile finestre facendo segno à Corsi che si fermassero ». — Relazione del rumore, etc., À. É., f° 34. — Gazette de France, 1662, p. 935. — Dépèche de l'ambassadeur de Florence du 21 août : « Si affacio alla ringhiera del suo palazzo, e vedendo tutta via ingrossare i Corsi... comincio a minacciarli; ma essi, di cio tanto più infioriti, spararono dell' archibugiate ail* Ecc' Sua ». Archives de Florence, loc. cit.
Les documents sont unanimes sur cet incident.
2. Une lettre de la duchesse de Créqui (A. E., Rome, 149, supplément, f° 53) dit expressément : « Comme M. de Créqui fut sur la terrasse, l'on tira cinq coups de pistolets bien chargés de balles qui passèrent auprès de ses cheveux et qui le frisèrent. C'est un miracle qu'il n'a pas été tué. » Il est inutile de relever le mot de « pistolets » dont use la duchesse au lieu des mots arquebuses ou mousquets indifféremment employés dans tous les
pouvait demeurer exposé plus longtemps à la rage de ses agresseurs : il rentra dans l'intérieur du salon de Paul III, et donna immédiatement Tordre de clore toutes les portes et fenêtres du palais, car les balles d'arquebuse, selon les termes de l'ambassadeur florentin « tombaient comme grêle de toutes parts » '.
11 y eut à ce moment une inexprimable confusion dans les attaques des Corses, dans les mouvements de la multitude errante à travers les rues, dans la marche des sbires et de quelques troupes italiennes que la police faisait avancer pour rétablir l'ordre, disait-elle, et qui semblaient se joindre à l'émeute, comme l'ont prétendu injustement les Français et les relations inspirées par l'ambassade. Le palais Farnèse en fait était investi sur son côté gauche : un ami de l'ambassadeur, le marquis Frangipani, escorté de sept ou huit personnes, fut attaqué tout près de là 2. Les ruelles étaient encombrées, les fuyards poussaient des clameurs, les détonations retentissaient de divers cotés. On ne peut admettre avec quelques informateurs que des piquets de cavalerie aient favorisé le désordre 3, mais il est certain que l'agitation se trouva, malgré leur présence, portée à son comble : les Français contre lesquels les Corses proféraient de furieuses invectives et des cris
documents de lépoque. — Quant aux marques des balles, nous avons constaté sur les colonnes et pilastres du balcon plusieurs trous qui, autant qu'on en peut juger après deux siècles, paraissent bien, comme l'ont affirmé plusieurs relations contemporaines, avoir été faits par les projectiles que les Corses envoyaient contre les fenêtres.
1. Dép. de l'ambassadeur florentin Rinuccini : « Fù di mestiero il ritirarsi <• far serrare li portoni e fineatre del palasso perche le archibugiate fioccavano da <>Kr"i banda ». Axch, de I lorence, loc, cit.