Hclazione del rumore, déjà citée
3. Lettre de la duchesse de Créqui, déjà citée. — Reîazione del rumore, déjà citée : « \\visata che non seguissc il viaggio pi ii avant] die ivi giungesse il flubbio de qualche afïïonto, vol'ella proseguire ».
'i. .Même lettre.
dèrent quel était le bruit qu'on entendait aux alentours. Ceux-ci répondirent qu'ils L'ignoraient, mais qu'on disait qu'il y avait querelle entre les Corses et les gens de l'ambassadeur. Les laquais, pour en apprendre davantage, s'avancèrent alors à rentrée de la rue de' Giubbonari et s'arrêtèrent avec quelque hésitation au coin de l'îlot situé à cet angle : en cet instant, le marchand Baldesco vit venir par la rue de' Giubbonari huit soldats, l'arquebuse à la main; soudain retentirent les cris de : « Qui va là? arrière! » et presque en même temps des coups de feu, qui d'ailleurs n'atteignirent personne *. On a dit cependant qu'un laquais lut blessé d'un coup de crosse à la tête 2, et qu'un jeune homme qui s'approchait du carrosse pour voir la duchesse fut également maltraité 3; mais ces deux assertions sont douteuses ou exagérées : aucun témoignage ne les confirme.
Ce qui est certain, c'est qu'au bruit des coups de feu la panique se déclara : les marchands fermèrent en hâte leurs boutiques, car, dit l'un d'eux à l'Enquête, « dans ces tumultes chacun ne cherche qu'à se sauver », et un autre : « chacun pense à son propre péril » *. La duchesse, épouvantée, ne savait que faire et par quelle voie s'éloigner, lorsque M. de Luzarche, qui se trouvait dans le pre-
1. Enquête, dépositions Dragoni, Baldesco, Maccione, p. 88 à 95. — A. É., Autre relation, loc. cit., fos 36 et 37.
2. Relation véritable, A. E., loc. cit. — Gazette de France, loc. cit. — Dépèche de Créqui du 22 août. Il n'est question de ce fait dans aucune des pièces subséquentes ; on doit penser que cette blessure était insignifiante : l'Enquête n'en parle pas.
3. Mme de Créqui dans sa lettre prétend même qu'on le tua sur place et le désigne comme un commis libraire. Mais il y a évidemment là confusion dans son esprit avec la mort de Guarnaccino qu'elle a apprise depuis. Ni les relations françaises ou italiennes, ni l'Enquête, ne font mention de ce jeune homme : il a probablement été simplement bousculé par la foule qui entourait les carrosses avant larquebusade. — Je ne trouve au surplus ce détail que dans la lettre de Mme de Créqui, dans le livre de Régnier Des Marais (p. 15), et dans la Relation véritable, etc., annexe à la dépèche de Créqui du 21 août. Mais tous ces renseignements sont de la même source.
h. Enquête, dép. Baldesco et Maccione, déjà citée.
mier carrosse et qui était venu auprès d'elle, résolut de se rendre à pied ' au palais Farnèse pour prévenir le due; en même temps il ordonna aux cochers de sortir de la place en contournant l'escalier de l'église et prenant a la hâte la rue délia Farina qui en longe la muraille à gauche . C'était en effet le seul chemin a suivre pour échapper a un danger imminent; on ne pouvait sans trop de lenteur faire complètement rebrousser chemin aux carrosses et encore moins tenter de passer dans la rue de' Giubbonari occupée par les Corses. La rue délia Farina était libre, elle menait en dehors du cercle d'action de l'émeute, aboutissant à Saint-André délia Valle ; la duchesse, ayant décidé en même temps de se réfugier au palais du cardinal d'Esté, relativement assez proche et où elle était assurée de trouver sécurité et secours, ne pouvait prendre une route plus directe pour s'y rendre 3.
Cependant les Corses qui avaient tiré les premiers coups d'arquebuse restaient aux alentours de l'îlot à l'entrée de la rue de' Giubbonari. On sait les noms de plusieurs de ces soldats transformés subitement en bandits : presque tous leurs camarades les ont désignés à l'Enquête et même ont rappelé leur vantardise et leurs aveux \ C'étaient Andréa Crovero, d'Ajaccio, homme de haute taille, vêtu d'une jupe de peau et de caleçons verts, Carlo d'Ampugnano,
1 Autre relation, déjà citée. A. É, f° 52 : « Consigliata da M. de Lusars, suo maestro di camara, salvare la propria vita, fù subito da o indictro ». "litre du cardinal Chigi, A. É., Rome, 146 (30 août) : «M. de Lusars, mandata dalla signera ambasciatrice per un altra strada al Palazzo » - M de Luzarcbc arriva au palais, non sans peine, avec le concours des sbires à ce que prétend le cardinal .Chigi dan. ce document.
2 Ce mouvement est indiqué dans toutes les relations.
3. L'ambassadeur de Toscane (dép. du 21 août, loc. cU.) dit que Mme de Cvéqui était grosse, « essendo gravide ». Ni e duc dans sa corn nondance ni Régnier Des Marais, son secrétaire, dans l'ouvrage dé à cité, ni t\ euros écrites de Rome qui son. au* archives des affaires étrangères,
ïi frelations itempora\nes italie s ou franc, »^J™
à Cette circonstance, qu'on n*eû1 pas manqué de relever, si elle eut existé, pour ajouter encore à l'odieux de l'attentat.
P /,. Voir notamment à l'Enquête les dépositions de Fabio et Paolo-Maua d'Ajaccio, p. 211 à 218.
non moins grand, barbu, habillé de drap gris et coiffé d'un chapeau blanchâtre, enfin le caporal Pietro de Montemaggiore, lui aussi vêtu de gris '. Tous trois, et sans doute quelques autres, l'arquebuse en arrêt, épiaient les mouvements de la place. Ont-ils su que ce cortège était celui de l'ambassadrice de France? C'est un point qui est demeuré obscur 2. Bien que leur agression eût été fort étrange contre des voitures inconnues, on peut supposer que ces gens ivres de colère agissaient au hasard contre n'importe quel groupe soupçonné d'être Français.
Le premier carrosse où étaient les écuyers eut le temps d'entrer dans la rue délia Farina, mais au moment où le second, dans lequel se trouvaient l'ambassadrice et ses femmes escortées par un jeune page de vingt ans, neveu d'un musicien de la musique du roi 3, nommé Bertaut, qui se tenait à la portière, tourna a son tour l'angle de l'escalier de San Carlo, une volée de mousqueterie éclata : quelques projectiles passèrent à travers la voiture, entre Mme de Créqui et ses suivantes, sans les toucher4; mais une balle tirée, dit-on, par André Crovero, frappa au ventre 5 le malheureux page qui était à découvert : « Un coup lui entra dans le cœur, dit Mme de Créqui, et il mourut sur la place, sans parler, tout raide » °. Il alla
1. Ce signalement est donné dans les mêmes termes par deux témoins, Marchioni et le caporal Pietro d'Oletta (Enquête, p. 225 à 229 et 220 à 225).
2. « Ne del processo si puo raccogliere che il detto Corso havesse potuto premeditare che ivi fosse detta carozza stante la qualita del fatto. » Relation. A. É., Rome, supplément, 149, f° 37. — Lettre du cardinal Chigi : « Non poteva Sua Eccellenza di notte incognita, ne la sua carrozza senza torcie esser conosciuta ». A. E., Rome, 146, f° 67.
3. Voir lettre de Rome, A. É., supplém., vol. 149, f° 54: a Ce page était neveu de Bertaut de la musique du roi ». — Enquête, constatation du décès, p. 80 et 81. L'ambassadeur de Toscane [loc. cit.) dit que Bertaut était chevalier de Malte. Cette assertion paraît inexacte.
4. L'ambassadeur de Florence dit que la robe d'une des femmes de l'ambassadrice fut brûlée par une balle, « ad una damigella avvamporono le vesti ». Arch. de Florence, dép. de Rinuccini, 21 août, loc. cit. — Même détail. Lettre de Rome. A. É., Rome, suppl., vol. 149, f° 54.
5. Enquête : constatation de la mort de Bertaut, p. 80 et 81.