‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 151 sur 268 · AOUT — 31 AOUT · texte numérisé non relu

AOUT — 31 AOUT

J. — II. — Émotion générale au lendemain de l'attentat. — Attitude des autorités romaines. — La reine Christine. — III. Visite du cardinal Chigi à l'ambassadeur (25 août). — IV. Conduite de don Mario. — V. — Vf. Procédés du gouvernement pontifical. — Discussion. — VII. — Mil. Évasion des Corses. — Divers incidents. — IX. Le corps diplomatique. X. — XL Armements du duc de Créqui dans l'intérieur du palais

Farnèse. — Discussion de sa conduite. — XII. Mesures prises par le Saint-Siège. — Congrégation. — Démarche des ambassadeurs d'Espagne et de Venise auprès du duc de Créqui. — XIII. Bref du pape à Louis XIV (28 août); politique ambiguë du Saint-Siège. — XIV. Le cardinal Impériali et l'ambassadeur. — La crise s'aggrave de jour en jour. — XV.— XVI. Le décret pontifical contre les Corses. — XVII. Le duc de Créqui se dispose à quitter Rome. — XVIII. — XIX. Son départ. —XX. Impression de la Cour de Rome. — Consistoire. — Essais de justification.

Rome était le lendemain dans la stupeur. Des récits plus ou moins exacts des événements se répandaient de toutes parts : on se demandait si les troubles n'allaient pas se renouveler et si l'ambassadeur de France ne relèverait pas aussitôt l'afFront qu'il avait reçu. Les Corses heureusement étaient consignés, et l'on a vu que le duc de Créqui renonçait aux représailles. Le palais Farnèse, fermé de toutes parts, n'ouvrait sa porte qu'aux agents diplomatiques ou à des seigneurs romains attachés au parti français. Le due et M. de Bourlemorit écrivaient au roi et ;i M. de Lionne :

les secrétaires cxpédiaienl le courrier de Paris en toute hâte. La duchesse, profondément émue, se renfermail

dans ses appartements et ne recevait que les personnes de son intimité. Pendant toute la matinée, aucun émissaire du Saint-Siège ne parut au palais Farnèse. Disons tout de suite que don Mario et Impériali n'y vinrent jamais. Le Mémoire de l'abbé Salvetti cherche à justifier leur conduite : il prétend que la « foule furieuse » des gens de l'ambassade parlait d'aller attaquer le ministre des armes dans sa maison, et que ce vieillard ne pouvait se mettre spontanément entre les mains de ses ennemis *.

Alexandre VII n'apprit qu'au matin à son réveil les événements de la nuit. Il se rendit néanmoins au Consistoire où il put remarquer l'absence des cardinaux de la faction française. Un seul d'entre eux, le cardinal Orsini, malgré l'ordre de l'ambassade, assistait à cette réunion 2, soit qu'il eût peur de mécontenter le Saint-Père, soit qu'il eût pris fait et cause pour son frère le duc de Bracciano, brouillé pour un motif d'étiquette avec M. de Créqui 3. Le pape ne fit aucune allusion, dans son discours, aux incidents dont l'assistance était préoccupée; mais il ordonna, en sortant, au cardinal Chigi d'aller faire visite à l'ambassadeur et à l'ambassadrice 4.

Le cardinal, qui redoutait un mauvais accueil, voulut reconnaître le terrain avant de demander audience : il pria donc le commandeur d'Elbène, ambassadeur de Malte, et qui, en qualité de Français, inspirait à bon droit toute confiance à son collègue, d'aller faire, de la part du Saint- Père, « mille excuses au duc de Créqui et l'assurer qu'il

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