‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 153 sur 268 · Ibid., Bourlemont à Lionne, 22 août · texte numérisé non relu

Ibid., Bourlemont à Lionne, 22 août

« qu'il ne voulait rien entendre du côté de la médiation » *.

Laissant alors tomber ces propositions inopportunes, elle en vint à l'affaire du cardinal Chigi et demanda à M. de Créqui s'il recevrait le neveu de Sa Sainteté en cas que ce dernier désirât le voir. L'ambassadeur demeura d'abord dans les termes vagues dont il avait usé jusqu'alors, mais la reine le pressa davantage, le priant au moins de lui dire s'il ne ferait point « quelque affront au cardinal » lorsqu'il viendrait au palais Farnèse : « Il appréhende, ajouta-t-elle, de se commettre sur cette incertitude ». 11 était impossible au duc de Créqui de se dérober aux instances d'une personne aussi considérable que la reine de Suède, et cependant il n'entendait point répondre officiellement à un soupçon presque injurieux, non plus qu'acheter par un engagement la démarche qui était due à sa dignité offensée. Il tourna la difficulté par des paroles qui font honneur à son tact de diplomate et d'homme du monde : « Je lui répondis, écrit-il au roi, que je ne prétendais point donner aucune parole à Sa Majesté, qu'il m'était indi lièrent ce que le cardinal Chigi et le Palais pussent craindre ou penser de moi, mais que je croyais pourtant lui pouvoir dire à elle que j'étais gentilhomme et que je n'étais point capable de faire une méchante action » 2.

Christine avait trop d'esprit pour ne pas apprécier l'élégance hautaine en même temps que la loyauté de cette réponse. Elle la lit connaître aussitôt au cardinal Chigi qui comprit n'avoir rien à craindre, et qui, le lendemain vendredi 25 août, envoya demander audience à l'ambassadeur.

C'était le jour de la Saint-Louis, fête du roi. De tout

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