‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 162 sur 268 · Ibid., Créqui au roi, 29 septembre 1662, f · texte numérisé non relu

Ibid., Créqui au roi, 29 septembre 1662, f

ment, en allant chez la reine de Suède, chez les cardinaux d'Esté et d'Aragon, il avait une escorte de « quarante personnes à pied autour de son carrosse, recouvertes de manteaux et armées de carabines, et une suite de onze carrosses pleins de Français vraisemblablement aussi pourvus d'armes à feu » *.

Il résulte donc de la confrontation de ces divers documents que si la Cour de Rome, qui d'ailleurs ne pouvait présenter sur le nombre des gens réunis au palais Farnèse que des informations approximatives, a sensiblement gonflé les chiffres, elle ne se trompait pas en affirmant que l'ambassadeur s'était mis en quelque sorte sur le pied de guerre dans la capitale d'un prince indépendant. Elle était également dans le vrai, et même ici n'exagérait rien, en signalant la troupe nombreuse et ostensiblement menaçante qui accompagnait le duc de Créqui dans ses courses à travers Rome. Si l'ambassadeur de France, au lendemain de l'attentat des Corses, était en droit de veiller à sa sûreté personnelle, il n'était cependant pas autorisé à concentrer autour de lui des forces aussi dangereuses pour Tordre public. Nul souverain n'eût toléré en silence un tel empiétement sur ses attributions; le pape se trouvait ainsi traité en coupable dont on redoute la récidive, et dont il faut surveiller les trahisons ou l'impuissance; l'on devait s'attendre à ses réclamations les plus énergiques, et à des manifestations corrélatives, faites en vue de protéger ses sujets contre quelque agression soudaine et aussi de sauvegarder sa propre dignité. M. de Créqui provoquait le gouvernement pontifical à augmenter la garnison de la ville, et il se donnait à lui-même une apparence de rébellion contre le souverain auprès duquel il était accrédité. Le Saint-Siège ne manqua pas de protester et en même temps de donner des ordres militaires qui paraissaient justifiés. L'ambassadeur le plaçait pour ainsi dire dès lors dans

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