‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 17 sur 268 · Ibid., ibid., loc. cil · texte numérisé non relu

Ibid., ibid., loc. cil

5. Ghantelauze, le Cardinal de Retz, p. 79. Cet écrivain n'indique pas à quelle source il a puise ce renseignement qui me parait assez suspect. Le P. Oliva, qui fut général des jésuites en 1664 et mourut en 1681, était fort estimé de M. de Lionne et de Colbert : ce dernier lui a adressé en 1671 une lettre où il rappelle les sentiments de M. de Lionne et témoigne au P. Oliva beaucoup de considération et de sympathie. (Correspondance de Colbert, publiée par P. Clément, VII, p. 57.)

rendre agréables en flattant sa pensée secrète. Le cardinal Pallavicini, modifiant singulièrement ses opinions premières, allégua que les canons de l'Église autorisaient tous les prêtres à pourvoir, selon leur rang, à l'entretien de leurs familles *; enfin la fragilité humaine l'emporta, le Saint-Père revint sur ses résolutions tant applaudies, et l'on vit arriver à Rome, dit ironiquement un ambassadeur vénitien, « non pas seulement un frère et un neveu, mais une inondation de Chigi » 2. Ce dernier mot est excessif: il n'v avait en réalité que trois neveux du même nom, et un frère, mais le même diplomate fait remarquer avec justesse, que la déception générale rendit plus pénible cette intrusion que si le Pontife s'était borné dès l'origine à suivre les errements de ses prédécesseurs. On lui en voulut d'autant plus qu'on en avait mieux espéré. On alla même jusqu'à taxer d'hypocrisie sa réserve antérieure; ce jugement est trop sévère : il y avait dans ce changement à vue beaucoup de faiblesse, de caprice, surtout de la vanité de famille et aussi l'empire de la contagion, la pente naturelle à adopter des usages séculaires.

Les princes Chigi, frustrés de deux années de pouvoir par les scrupules du Saint-Père, furent, dès leur arrivée ii Rome, amplement dédommagés. Don Mario, frère aîné du pape, fut nommé général de la sainte Église, ministre des armes et gouverneur du BorgO 8 ; don Flavio, lils de don Mario, fut élevé au cardinalat, désigné comme cardinalpatron, titre accoutumé du neveu ecclésiastique des Souverains Pontifes et qui les associait au secrétaire d'Etat dans le gouvernement de l'Église ; enfin don Agostino, fils d'un

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