‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 18 sur 268 · Ibid., Rel. de Bassadonna, p · texte numérisé non relu

Ibid., Rel. de Bassadonna, p

3. Le BorgO est la partie de la ville qui entoure le Vatican. 11 avait une administ rai i<>n spéciale,

autre frère d'Alexandre VII *, reçut la charge de surintendant du château Saint-Ange : tous trois furent d'ailleurs investis des honneurs princiers attribués à la parent*'' pontificale et pourvus de revenus opulents. Quant à don Sigismond, frère d'Agostino, trop jeune alors pour avoir d'emploi, il ne parvint que plus tard aux dignités 2.

Parlons d'abord de don Mario. C'était, à l'époque dont nous exposons l'histoire, un vieillard de soixante-cinq ans environ, d'assez belle apparence, un peu gros, rouge et corpulent, les cheveux blancs, très réservé, ne parlant guère (pie « par proverbes à la mode florentine », ne plaisantant jamais, rude et même grossier dans ses manières. Il passait pour ignorant de toutes lettres et sciences et uniquement soucieux de sa fortune. Après avoir vécu occupé de quelque office de magistrature, mais dans la pauvreté, à Sienne où il avait marié obscurément ses deux filles , il songeait avant tout, depuis son accession au pouvoir, à en profiter pour s'enrichir. Son avidité était odieuse au peuple romain, d'après les récits des ambassadeurs de Venise : « c'est, dit l'un d'eux, un gouffre qui absorbe ce qu'il y a de plus précieux dans le domaine pontifical ». Il économisait et spéculait, recherchant même les plus petits bénéfices, et comme il passait pour gagner sur les subsistances, notamment sur les grains, il soulevait plus de haine que les précédents frères ou neveux des papes, dont les opérations, plus lucratives souvent que les siennes, touchaient moins aux intérêts des petites gens. On le détestait non seulement pour ses manœuvres financières, mais encore pour la brutalité de ses allures, et s'il agrandissait sa famille, en revanche, il faisait le

1. Don Augusto Chigi, mort avant l'exaltation de son frère, vers le temps de la nonciature de Cologne (Relazioni, etc., p. 172). — C'est par erreur que dans la relation des ambassadeurs d'obédience en 1650, don Agostino est cité comme fils de don Mario. Angelo Correr, qui résida deux ans à Rome, cite don Agostino comme fils de don Augusto Cbigi, second frère du Pape ; la relation de Bassadonna en 1664 confirme celle d'Angelo Correr.

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