Hacconto completo, etc., loc. cit
:]. Dép. de l'ambassadeur <!<• Toscane, H et 16 septembre.
fc. A. É., loc. <■'/.. Créqui au i'"i. 2 septembre.
:.. A. K.. dép. de Vagnosridu 28 août, /oc. cit. — D'après L'ambassadeur
;j02 L AMBASSADE DU DUC DE CREQUI.
M. de Créqui affirme en outre, « qu'on avait enjoint aux marchands... <!<• n'avoir nul commerce avec les Français el qu'on avait même l'ail défense aux boulangers <-t aux bou-
chers de fournir pour le palais Farnèse qu'une certaine quantité de pain et de viande » !.
Il y a là beaucoup d'exagération et l'ambassadeur ajoutait loi avec trop d'empressement à toutes les rumeurs o!e la ville qui lui étaient apportées par des familiers non moins surexcités dans un autre sens que ceux de la Cour pontificale. La prétendue limitation des vivres est particulièrement invraisemblable. Le cardinal Chii>i, dans une lettre au nonce, déclare que « cette accusation n'a pas le moindre fondement, qu'une telle défense n'a pu tomber un instant dans l'esprit du gouvernement pontifical, et qu'elle eût été impraticable quand on y eût songé » 2. M. de Créqui force évidemment la note, et l'on ne saurait voir sans surprise que, dans la même dépêche, atténuant à l'inverse les actes de l'ambassade, il réduise à 50 ou 60 Français le total des réfugiés au palais Farnèse qu'il a plus tard avoué être beaucoup plus considérable. On doit dire d'ailleurs que la Cour de Rome, dans le Mémoire de l'abbé Salvetti cité plus haut, dément la plupart de ces assertions; d'après ce document, il n'y aurait pas eu dix, mais deux corps de garde : l'un, dans la via Giulia, pour la sûreté des prisons qui s'y trouvent, l'autre entre Saint-André délia Yalle et
de Toscane, on avait interdit, en général, le commerce des poudi munitions de guerre (dép. du 28 août, loc. cit.).
1. A. E., loc. cit., Créqui au roi, 2 septembre. — Régnier Des Marais loc. cit., p. 27 et 28; emprunte en outre aux dépêches de l'ambassadeur l'information suivante : « On avait même publié des édits qui promettaient 50 écus de récompense et le rappel de tel bandit qu'on voudrait à quiconque irait révéler qu'un officier eût fait quelque levée ou qu'un soldat se fût engagé sans permission ».
2. Arcb. Vat., le cardinal Chigi au nonce, 24 septembre, vol. 122. f° 115. — Racconto compléta, etc., déjà cité. — Nous devons faire remarquer à ce sujet que, dans un Ecrit justificatif de la Cour de Rouie, envoyé depuis à Paris, par le nonce à Turin, il est dit seulement que l'on n'avait jamais limité les vivres de l'ambassade, mais peut-être ceux de la soldatesque que le duc de Créqui avait au palais Farnèse (A. E., Rome, L46,
la Sapienza. Quant aux interdictions du commerce et de la fourniture des vivres, le Mémoire les traite d'inventions misérables et ridicules. Quoi qu'il en soit, les rassemblements de troupes dans la ville sont indéniables : le gouvernement pontifical entendait évidemment répondre ainsi aux armements de l'ambassadeur et à son refus de licencier les gens réunis au palais Farnèse, mais il donnait au duc de Créqui le droit de se dire cerné, et de ne pas considérer comme une satisfaction sérieuse ni rassurante pour lui en quoi que ce fût le remplacement des Corses par des soldats italiens. L'ambassadeur de Toscane, en général favorable au Saint-Siège, ne peut pas méconnaître que la situation n'était pas tenable, qu'il y avait plus de 3000 soldats dans Rome, trois postes établis de face et de flanc non loin du palais Farnèse, et que M. de Créqui était entouré par ces bandes, « ce qui, dit-il naïvement, ne saurait lui plaire » •.
Un autre fait a été aussi très sensible à l'ambassade et plus tard à la Cour de France : la reine Cbristine, qu'elle considérait comme une amie et qui avait témoigné d'abord au duc de Créqui le plus vif intérêt, se laissa entraîner, nous l'avons dil plus haut, sous l'influence du cardinal Azzolini, ;i prendre parti pour Je Saint-Siège. Elle fit visite, il est vrai, à Mme de Créqui, mais, dans le cours de son entretien avec l'ambassadeur qui était présent, elle l'exhorta « à se contenter des diligences qui avaient été faites jusqu'alors,... essaya de lui persuader que tous les corps de garde u'étaienl établis que pour sa sûreté, et lui répéta, plusieurs (ois, qu'il n'y avail rien à gagner avec des prêtres h qu'il fallait prendre en payemenl toul ce qu'ils voudraient » -. Le duc de Créqui \ <>\ ;i i t clairement
I. Dépéchei de l'ambassadeur de Toscane, du 's et do 31 août, loc. cit. '1. Régnier Des Marais, loc. cit., p, 'J<i.
3(»'i L AMBASSADE DU DUC DE CREQUI.
par là, écrit-il au roi, « qu'elle s'était relâchée de s;i première chaleur », et il ajoute : « je n'ai attendu d'elle aucun office vigoureux, bien loin d'en devoir espérer quelque secours effectif dans le besoin » \
Peu après en effet, poursuivant le même ordre d'idées, la reine écrivit à Louis XIV et à M. de Lionne, les 29 août et 1er septembre, des lettres que le cardinal Chigi n'eût certes pas désavouées.
Tout en protestant de ses sentiments affectueux pour le roi, elle lui rappelait « qu'on ne peut se venger contre son père, ni contre sa mère, sans se faire tort à soi-même », et soutenait « qu'il ne peut tomber sous le sens de personne qu'on ait eu dessein de l'offenser ». Ces premières paroles étaient sages, mais plus loin, elle s'associait aux accusations présentées contre les gens de l'ambassadeur, les considérant comme ayant « abusé de mille façons de l'indulgence du gouvernement », et comme ayant provoqué la vengeance des Corses. Elle insinuait que « cet incident » n'avait d'autre importance que « celle que lui donnent ceux qui sont ennemis du repos de Rome et peut-être même de la gloire du roi ». Elle excusait les lenteurs du Saint-Siège par « la nature du gouvernement ecclésiastique », affirmait que l'on faisait « tons les jours des efforts pour faire quelque chose de plus et que l'on s'occupait à délibérer sur la satisfaction et réparation de cette faute ». Enfin elle invoquait « la bonté du roi et sa générosité » et lui demandait même « de passer l'éponge sur ce désagréable tableau ». Toutes ces phrases étaient entremêlées d'insinuations contre le cardinal d'Esté et même le duc de Créqui et contre la facilité de ce dernier à croire ceux qui cherchent à « pousser le ressentiment du roi » 2. La