Dép. 'In nonce, /<"-. cit., '■'> septembre
k. Lionne a Créqui, A. É., Rome, 146, fol. 82, :{l août 1662. - Voir aussi Régnier Des Marais, j>. 37.
un schisme » l. Il n'y avait, à cet égard, rien à craindre de Louis XIV, niais son gouvernement était dès lors bien décidé à s'en prendre non pas seulement aux Corses, mais aux ministres mêmes du Saint-Père qu'il regardait, écrit M. de Lionne en propres termes, comme « les auteurs de cet assassinat », et auxquels le roi, dit-il encore, « saura bien porter des coups qui leur feront suer et jeter des larmes de sang ». Il insiste encore mieux sur cette accusation en indiquant au cardinal Albizzi la ville de Sienne comme la résidence probable de l'ambassadeur ; Sienne était la patrie du pape et de sa famille : «M. de Créqui aura lieu d'y voir, dit-il avec une mordante ironie, d'autres parents de Sa Sainteté qui seront peut-être plus civils que ceux de Rome qui le font saluer et madame sa femme à grands coups de mousquet » 2.
Les amis du nonce avaient à peine eu le temps de lui faire connaître le résultat de la séance du Conseil 3, que le comte de Brienne, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères, se présenta à la nonciature qui était alors à Paris rue Neuve-Saint-Honoré, paroisse Saint-Roch 4. Le ministre, dit le nonce, « me commanda, au nom du Roi, de partir le jour même pour me rendre à Meaux et de n'en pas quitter jusqu'à nouvel ordre de Sa Majesté, en m'insinuant que l'on prenait cet expédient pour préserver ma
1. Lionne au cardinal Albizzi, 31 août 1662, A. E., Rome, 146, fol. 8S. — Dispacci, etc., déjà cité. Grimani est très frappé de l'irritation générale. Il rappelle qu'on ouvrit au Conseil l'avis de mettre le nonce à la Bastille.
2. A. E., loc. cit., Lionne au cardinal Albizzi. — Le eboix de Sienne avait étonné beaucoup de gens. L'ambassadeur de Venise à Paris (dép. du 5 septembre 1662) ne croit pas qu'on y ait entendu malice : « credo non vi sii alcun misterio ». Le mot de Lionne prouve le contraire.
3. « NelF istesso tempo cbe ne ricevei l'aviso da amici. » Dépêche du nonce, 30 août, loc. cit.