‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 185 sur 268 · Arch. Vat., dôp. du nonce du 30 août · texte numérisé non relu

Arch. Vat., dôp. du nonce du 30 août

2. La Gazette de France n'a pas su que le nonce eût reçu la visite du comte de Brienne. Elle prétend que le roi « envoya un lieutenant des gar- (|c- de son corps dire de bq part au nonce du pape qu'il eùl à sortir incessamment du royaume ». Cette démarche n'eul lieu que quelques jours après. (Gaz. de France, 1662, n" 109.)

3. Dép. du oonce du 30 août, loc. cit. — Racconto complète, déjà cité. — Résumé du consistoire du 25 septembre, loc. cit. — Dép. de l'ambassadeur de Venise, loc. cit.

'<• \- É., loc. cit., le roi à Créqui (2" dép. du 30 août).

veillait encore : il ne put refuser de recevoir le nonce, bien que L'ambassadeur de Venise qui était xenu un peu plus tôt pour essayer, dit-il, « de modérer les ardeurs impatientes », n'eût été admis chez aucun des ministres '. Mgr Piccolomini, dans les circonstances présentes, était si particulièrement autorisé et insista avec tant de force qu'il entra dans la chambre à coucher de M. de Lionne et eut de lui une longue audience.

« Il m'accueillit, dit-il, avec beaucoup de courtoisie, me raconta que la colère du roi était grande eu égard à l'atrocité du fait, supposant qu'on voulait faire des Vêpres siciliennes d'après l'ordre qu'on prétendait avoir été donné à la soldatesque de faire main basse sur tous les Français dans les occasions qui se présenteraient, ajoutant que l'origine du désordre 2 venait non pas des domestiques de l'ambassadeur, mais de gens au service de la reine de Suède 3. » Le ministre répétait la dépêche de M. de Créqui.

Le nonce entreprit alors de redresser l'opinion du gouvernement français. Son argumentation est résumée clans une dépêche du roi à l'ambassadeur 4 :

« Il a dit d'abord à Lionne... qu'il apportait non pas des justifications, mais des satisfactions, et qu'avant d'entrer dans aucun détail des faits, il voulait l'assurer que l'action des Corses avait déplu au Pape autant qu'à moi, qu'il l'avait trouvée si brutale, particulièrement à l'égard de ma cousine la duchesse de Créqui, que Sa Sainteté en était dans une colère dont il ne pouvait exprimer la grandeur, qu'il la châtierait sûrement, et que déjà, quand le courrier était parti, il y avait neuf Corses d'emprisonnés et qu'on continuerait encore d'autres captures 5.

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