Àrch. Vat., dép. du nonce du 3 septembre, /oc. cit
2. A. É., Rome, 146, f° 120, dépêche du roi à Créqui, 8 septembre.
3. « La cattiva aria e l'acque, congiuntamente cou l'incommoditù déliai loggiamento facevano cadere ammalata tutta la gente che mi segue. » Dép. du nonce du 8 septembre, /oc. cit.
4. Dép. autographe du nonce, Saint-Denis, 3 septembre l(i(>2.
5. « Giovedi mattina (7 septembre) mi veddi attorniato da una compagnia di 40 soldati a cavallo..., la sera medesima mi ritirai in questo luogo dà Gonnes nel convento de padri domenicani. » Dép. du nonce, déjà citée, 8 septembre. — Voir dép. de l'ambassadeur de Venise, 8 septembre, /oc. cit.
LA POLITIQUE FRANÇAISE APRÈS L ATTENTAT. 3'il
que, par lui-même ou par ses émissaires, des bruits défavorables à la politique du gouvernement étaient semés dans le public1 : on prétendait même qu'il « voltigeait entre le Bourget et Bondy », changeant souvent d'habitation 2, et l'on tenait à ne pas perdre de vue un agent aussi remuant. Quelle eût été l'indignation du roi s'il avait lu la dépêche que le cardinal Chigi écrivait le 30 août au nonce ! Nous devons la citer ici pour faire bien comprendre le tour qu'avait pris les choses et l'intime pensée de la Cour de Rome à la veille du jour où le duc de Créqui s'éloignait du palais Farnèse :
« Elles sont nombreuses et graves, écrivait le neveu du Saint- Père, les occasions que « Notre Seigneur » a eues de se plaindre de l'ambassadeur aussi bien dans les diverses circonstances que vous connaissez déjà que dans le dernier incident des Corses qui ont été provoqués de tant de façons. Rien ne fût arrivé si M. de Créqui eût porté remède à cette situation, comme il le pouvait et le devait, et s'il eût imposé à ses gens de ne pas irriter les Corses par de mauvais traitements. »
Et allant plus loin :
« Celui qui insulte et attaque est le plus grand coupable. Les Français ont toujours été les agresseurs. Si les Corses ont commis de graves excès, il faut considérer que patientia Ixsa fit furor. Leur attentat doit être sévèrement puni, mais ceux qui les ont provoqués doivent aussi être châtiés. »
Bien plus, il déclare que si le pape, déférant aux conseils de la Congrégation,
« renonce à demander justice au roi du duc de Créqui et de ses gens pour tant d'insultes, le Saint-Siège doit néanmoins laisser la porte ouverte à des revendications ultérieures,... sinon la justice serait trop gravement lésée aussi bien que Sa Sainteté elle-même » 3.