‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 196 sur 268 · A. É., Lionne au nonce, 9 septembre, loc. cit · texte numérisé non relu

A. É., Lionne au nonce, 9 septembre, loc. cit

meilleures nouvelles de Rome calmeraient l'irritation de la Cour de France. L'ambassadeur de Venise, qui se donnait beaucoup de peine pour modérer les esprits, parait avoir partagé ces illusions : il s'était rendu à Saint-Germain après l'entrevue, et, d'après ce qu'il avait recueilli autour de lui, il augurait un peu mieux de l'état des choses . L'un et l'autre ne tardèrent pas à être déçus.

Un conseil spécial se réunit devant le roi dans l'aprèsdînée du lundi 11 septembre : il était formé des princes [lu sang, de plusieurs ducs et pairs, maréchaux et personnages considérables de la Cour . La délibération avait commencé sur l'entretien de Suresnes, lorsque le courrier expédié par le duc de Créqui à la première étape de son voyage, arriva subitement à Saint-Germain. M. de Lionne ouvrit les dépêches et en donna le résumé. Le Conseil apprit ainsi le départ de l'ambassadeur et du cardinal d'Esté en même temps que les motifs de leur résolution, les corps de garde placés près du palais Farnèse, l'entrée de nouvelles troupes pontificales dans Rome, la limitation des vivres de l'ambassade, l'évasion des Corses, enfin tout un ensemble d'événements qui devaient surexciter la colère du gouvernement français 3.

En écoutant ce rapide exposé, Louis XIV ne fut pas maître de son émotion : il se leva brusquement, le visage troublé, congédia le conseil, et ordonnant à MM. Le Tellier et de Lionne de le suivre, il rentra dans son appartement. Il y entendit la complète lecture du courrier et conféra longuement ensuite avec les deux ministres . Le résultat de cette délibération fut une mesure rigoureuse : le roi ordonna que le nonce serait reconduit à la frontière e1 partirait dans les vingt-quatre heures.

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