A. E., Rome, 146, le roi à Créqui, 8 septembre
d'une autre religion qui ne sont déjà que trop mal disposes envers la Cour de Rome » \ En réalité l'Angleterre, le Brandebourg, et les petits Etats allemands ne pouvaient intervenir utilement dans ce différend ni auprès du roi ni auprès du Saint-Siège : les seuls gouvernements qui, par leur attitude et leurs démarches, étaient en mesure d en hâter la solution étaient l'Empire, les Etats italiens, et surtout l'Espagne.
L'Empire désirait autant que possible ne point se mêler directement dans la querelle. Pendant les négociations qui suivirent, il ne joua qu'un rôle effacé. La France n'avait pas alors d'ambassadeur à Vienne et les relations de Louis XIV avec l'Empereur étaient correctes, mais très froides : les deux souverains ne s'écrivaient point depuis quatre ans 2. Cependant la Cour de Vienne, ainsi que nous l'avons rappelé, ayant blâmé et puni la conduite du marquis Mattei 3, le roi pouvait compter sur la bienveillante neutralité de l'Empereur et ne souhaitait pas davantage.
Il avait au contraire les plus fortes raisons de désirer et d'espérer le concours des Etats italiens. Le Piémont. Gènes, Venise, Florence, étaient, il est vrai, attachés au Saint-Siège par sentiment catholique et se défiaient des ambitions qu'on supposait à la France dans le nord de la péninsule, mais le roi savait qu'ils n'aimaient point la famille Chigi et que le prestige de la maison de Bourbon était très grand sur leur esprit ; il pensait à bon droit que