‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 211 sur 268 · A. É., dép. de l'archevêque d'Embrun, du 11 octobre · texte numérisé non relu

A. É., dép. de l'archevêque d'Embrun, du 11 octobre

2. A. E., dép. du roi à l'archevêque d'Embrun, 15 octobre 1662.

3. A. E., dép. du roi à l'archevêque d'Embrun, 22 octobre. Voir aussi dép. du roi à Créqui, même date, ibid. Rome, VI, 147, fol. 124.

une guerre avant que le pape eût fait un refus absolu de donner satisfaction » ; il déclara en outre que la guerre « passerait toujours dans l'opinion de tous les Princes pour une guerre de religion » et « que l'hérésie prendrait un nouvel orgueil et de nouvelles forces de ce désordre ». Le nonce fut avisé officiellement de cette réponse en même temps que l'ambassadeur français *, mais il arriva au cabinet espagnol de déplaire à la fois aux deux parties : le nonce fut mécontent de la concession faite à la France sur les deux premiers points2, et Louis XIV des objections opposées à la demande de passage : il eût espéré de la part de son beau-père une politique plus franchement favorable et disait avec une sincérité quelque peu brutale que « plus on ferait de démonstrations publiques qui fâchent le pape, plus on avancerait l'accommodement » 3.

Nous reprendrons plus tard le récit des négociations avec l'Espagne. Terminons cet exposé des premières démarches du cabinet français au dehors, par le résumé de sa correspondance avec la reine Christine de Suède.

Nous avons précédemment rappelé les lettres fort maladroites de cette princesse au roi et à M. de Lionne en date du 29 août et du 1er septembre 4. Louis XIV et son ministre y répondirent l'un et l'autre le 15 et le 16 septembre dans les termes les plus énergiques : leurs lettres, fort étendues (celle de Lionne n'a pas moins de douze pages in-folio de son écriture serrée), sont de véritables réquisitoires où se manifestent complètement les vues de la politique française. Le roi et M. de Lionne ne se fussent pas vraisemblablement donné la peine de composer de tels

Page 1