Mémoire justificatif, déjà cité
4. A. É., Rome, 147, f° 158, dép. de Bourlemont à Lionne, le 31 octobre 1662.
5. Cette assertion est exacte : nous n'avons en effet rien trouvé dans les lettres du duc de Créqui au roi, sur cette affaire, antérieurement à la visite des évéques.
LA FRANCE ET LE ST-SlÈGE JUSQU'AUX C0NF. DE SAN QUIRICO. 415
roi pour votre justification parce que je crois que cela est raisonnable » '. L'incident se trouva clos, mais on voit par la première impression de Louis XIV combien il était chatouilleux pour tout ce qui, de loin ou de près, touchait au respect dû par le clergé à son autorité personnelle, et, comme il le dit avec une énergique éloquence, « à l'honneur de la patrie ». Il tenait même si particulièrement, en ce démêlé avec Rome, au milieu de conjonctures qui agitaient les consciences en France, à être approuvé par les prélats, qu'il provoqua en ce moment même les opinions écrites d'un certain nombre d'évêques et de théologiens. Nous en résumerons brièvement quelques-unes qui sont demeurées aux archives des Affaires étrangères. Elles complètent l'étude de la situation générale à l'époque où la diplomatie allait engager des négociations. Ces documents d'ailleurs montrent à plein comment certains abus de l'autorité pontificale étaient appréciés alors par d'éminents personnages ecclésiatiques, et combien le sentiment des droits du pouvoir laïque et le patriotisme s'alliaient chez plusieurs d'entre eux au respect qui est dû au chef de l'Éo-lise. Mais ils font connaître en même temps quelle était la force de l'esprit gallican et les arguments parfois téméraires qu'il savait tirer des excès de pouvoir et de népotisme dont tant d'illustres Pontifes ont depuis si heureuse nient délivré la politique du Saint-Siège.
Nous indiquerons d'abord l'avis du cardinal Grimaldi, qui était, comme on sait, l'un des principaux membres de la faction française à Rome2. Son travail est particulièrement significatif : au lieu de discuter la question des
1 Mémoire justificatif, déjà cité. - Créqui écrivit en effet au roi. le ... oclobre en faveur des évoques, «lisant - qu'ils ...• manquenl de sèle, ni poU1 le roi.ni pour leur patrie, et ont agi faute de connaissance de la manière (|,,nt [h M devaient gouverner en ce rencontre », A. E., Rome, L47, i L30.