A. É., Rome, 147. Avis du Sr Eloidio Benedetti, etc
2. Le Mémoire du cardinal de Retz intitulé : « Sentiment du cardinal de Retz, sur l'affaire de Rome, octobre 1662 », est en copie aux Arch. A. É.. Rome, 147, f° 54. Il a été publié in extenso par M. Ghantelauze dans son livre intitulé : le Cardinal de Retz et ses ?nissions diplomatiques, p. 115. On trouve également dans cet ouvrage un résumé assez exact de l'affaire des Corses, p. 71-175.
3. L'abbé Vittorio Siri, né à Parme, en 1608, mort à Paris, en 1685. Il est auteur de nombreux écrits historiques et politiques réunis sous le nom de Mercurio. Protégé par Richelieu et Mazarin, il jouissait à Paris d'une autorité fort grande pour toutes les questions de diplomatie. Il était agent de Parme en France. Son mémoire intitulé : « Avis de l'abbé Siri » est aux Arch. A. E., Rome, 147, f° 58. — Nous avons cité plus haut (§ II) sa discussion avec le nonce Piccolomini sur Castro.
mercy, le cardinal de Retz avait gardé à la Cour une renommée digne de son génie, et surtout il passait pour connaître à fond le Saint-Siège, l'entourage d'Alexandre VII et tous les ressorts de la diplomatie pontificale. Il était naturel que, dans une affaire aussi compliquée, on voulût être instruit de sa pensée : Guy Joly, son secrétaire, fut donc mandé auprès de Le Tellier qui lui exprima, sous le sceau du secret, le désir du roi de recevoir un Mémoire du cardinal sur « la conduite qu'on devait tenir et sur la satisfaction qu'on pourrait demander en cas d'accommodement » \ Celui-ci s'empressa d'envoyer une note où l'on retrouve la fermeté accoutumée de son intelligence et de son style, et où il envisage à peu près tous les côtés de la question. D'abord, se conformant à l'opinion prédominante à la cour, il n'admet point le système défensif du gouvernement romain au sujet de l'attentat; à ses yeux, malgré ses belles paroles, il a eu part dans l'événement, et « une surséance si longue de tous les ordres publics dans un tumulte si peu ordinaire » est la preuve « indubitable d'un consentement ou d'un commandement exprès ». Toute la France est engagée « à la poursuite et à la vengeance de L'injure ». Ce point posé, il passe aux moyens à employer pour faire céder le Saint-Siège : il indique d'abord le refus des contributions ecclésiastiques et la défense de porter « de l'argent à Rome ». En second lieu — et l'on verra plus loin comment ce conseil a été suivi — l'occupation d'Avignon et la réunion de cette ville par arrêt du Parlement. Il est moins favorable à la revendication de Castro, « qui peut amener le raisonnement et la jalousie des princefl voisins », mais il pense qu'on doit toujours se donner les apparences de ce dessein pour inquiéter et effrayer le Saint-Père c< étanl assuré que celle affaire lui est fort Bensible ... En somme, il jugr nécessaire « d'imprimer fortement dans l'esprit du pape que nous ne vou-