‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 228 sur 268 · Dép. de Grimani, déj. cit · texte numérisé non relu

Dép. de Grimani, déj. cit

5. Le roi lui avait répondu en termes très froids dans son audience du 27 septembre. Anne d'Autriche de son coté avait dit à Grimani : « Le mal est né à Rome. C'est de Rome que les remèdes doivent venir. Le Roi ne se départira pas de la justice. » Ib'ul.

le 15 septembre, la lettre confidentielle que nous avons citée plus haut ' pour lui faire bien comprendre son désir d'une solution pacifique : c'est pourquoi encore il eut soin d'écarter la demande de pouvoirs militaires que lui avait adressée un peu étourdiment l'ambassadeur 2, en lui répondant « que la qualité de plénipotentiaire », c'està-dire le simple caractère diplomatique, lui donnerait « plus de crédit à Rome et ferait plus de peine au Saint- Siège que toute autre chose » 3; c'est pourquoi enfin il lui donna l'ordre formel de ne point songer à rentrer en France, mais au contraire de rester à San Quirico. Il repoussa en même temps le projet d'une ligue des princes d'Italie qu'avait présenté et recommandé le cardinal d'Esté 4 : c'est, dit-il, « un éclat qui n'est nullement nécessaire » et qui de plus pourrait inquiéter le roi d'Espagne et même « l'obliger à songer de se lier par une autre confédération avec le Pape » 5.

Toute cette conduite était fort sage. Mais en même temps qu'il prouvait ainsi la modération de ses conseils, le roi maintint avec énergie les grandes lignes de sa politique et sa ferme volonté d'obtenir satisfaction. En premier lieu, il se prononça de nouveau contre toute médiation. Nous savons comment il avait répondu aux insinuations de l'Espagne. Il ne fut pas moins résolu

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