‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 229 sur 268 · IV du présent chapitre · texte numérisé non relu

IV du présent chapitre

2. Dans une dépêche du 13 septembre, Crécpii avait sollicité d'être déclaré « Lieutenant général en Italie ». Il ajoutait : « avec ordre aux vaisseaux et ;iu\ troupes de la côte de Provence de concourir conjointement avec moi à toui ce que je leur ferais savoir être du service de Votre Majesté ». Malgré tontes les précaul ions oratoires <l<mi L'ambassadeur enveloppait sa demande, elle excédait trop les intentions réelles du r<>i pour avoir chance d'être accueillie. (A. É., Rome, 146, fol. 148.)

;. \. É., Rome, 147, fol. 27. Le mi à Gréqai, 26 septembre 1662. 't. Le cardinal d'Esté à Lionne, 11 septembre L662. (A. É., 146, fol. 132.) Le i"i a Créqui, 26 septembre L662, déj. cit.

à l'égard de Venise et de la reine de Suède : « Vous avez agi fort prudemment, écrivit-il à Créqui, de rejeter une médiation de la République » '. M. de Lionne répéta ;i Bourlemont : « Le roi ne veut point mettre son honneur en compromis, et n'admettra aucune médiation, quelle qu'elle soit » 2. Quant à Christine, elle avait trop vivement déçu la Cour de France pour qu'on voulût la laisser en quoi que ce fût s'occuper de la question : depuis ses malencontreuses lettres au roi, elle persévérait dans les mêmes sentiments hostiles, et M. de Bourlemont signalait fréquemment ses imprudences de langage : « Elle porte si fortement, dit-il, le cardinal Imperiali qu'elle déclare que si le pape l'abandonne, elle lui dira qu'il fait une lâcheté » 3. Il est donc fort naturel que cette fantasque princesse ait inspiré les plus grandes défiances à Paris : « Je ne désire pas, écrit le roi à M. de Créqui, qu'elle se mêle en rien de cette affaire » 4, et ailleurs : « Vous ne la devrez plus souffrir dans l'affaire après s'être partialisée comme elle l'a fait » 5. Le Cabinet français restait donc pleinement décidé à n'admettre que des négociations directes avec la Cour de Rome. C'était le premier article de son programme. Le second, qu'on en peut regarder comme le corollaire, était de laisser la question entre les mains du duc de Créqui. Nous l'avons déjà noté (§ VI). Le roi tenait à sauvegarder la dignité de son ambassadeur : il jugeait avec beaucoup de tact et un sage respect des traditions diplomatiques qu'un gouvernement qui abandonne un agent fidèle se discrédite lui-

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